Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Communiquer en écosystème

Les manifs sont-elles des marronniers?

MANIF-RETRAITES-Charleville-019.jpg

Un marronnier est un arbre à feuilles qui se nourrit d'encre. En journalisme, c'est un sujet qui refleurit régulièrement à la même époque de l'année. Pour autant, il ne produit pas beaucoup de fleurs. Les mouvements sociaux appartiennent-ils à cette catégorie?

Mis à part le fait qu'ils n'apparaissent pas à des moments réguliers du calendrier, ils passent quand même par des figures obligées.

Le comptage

Nombre de cortèges à travers la France, nombre de manifestants. Selon la police, selon les organisateurs. Il existe une sorte de gentleman agrement entre les uns et les autres, entre ceux qui surévaluent les chiffres (d'environ 50%) et ceux qui les sou-évaluent (d'environ 50%). Les journalistes savent qu'en faisant la moyenne des deux, en général ils tombent juste. Pas d'information là dedans, juste de la routine. Mais qui permet tout de même d'être sûr, quand on rencontre des variations qui vont du simple au triple (le 23 septembre : entre 900 000 et 3 millions) que l'un des deux au moins, a honteusement triché.

Les images

Toujours les mêmes, des banderolles, des slogans anti-gouvernementaux, des ritournelles plus ou moins lestes, des manifestants lambdas et des peoples syndicaux ou politiques. On pourrait les ressortir d'une banque d'images, ce sont toujours les mêmes avec les mêmes discours.

Les enjeux

Toujours les mêmes là aussi, il s'agit du retrait de la réforme en cours. On pourrait préparer à l'avance une pancarte « Non à la réforme » et la ressortir plusieurs fois par an pendant des années, elle « ne prendrait pas une ride ».

La mémoire de l'arbre

En perspective de chaque mouvement social il y a les victoires obtenus par la passé, qui galvanisent les troupent (« on va gagner !! »: le retrait du CPE (contrat de première embauche, 2006), le contrat d'insertion profeszsionnelle (SMIB Jeunes, 1994, la réforme Juppé sur les retraites (1995). On peut même dire que chaque génération lycéenne, c'est à dire chaque dix ans, voit un nouveau combat mené dans les rues, avec succès ou échec, comme un rite de passage à l'âge adulte.

 

Les réactions

Entre « on a gagné » et « on n'a pas perdu ». Que ce soit du côté du gouvenement ou des mouvements sociaux, l'action, en général ne débouche sur rien, ou alors pas immédiatement, ou sinon pas sous forme d'une capitaluation, on cherche une pirouette, un moyen de retomber sur ses pieds sans perdre la face (une pirouette, quoi). Les mouvements sociaux sont un moment d'agitation ritualisé, n'ayant, au moment de leur production aucun effet dans le réel, un gigantesque événement qui ne crée à peur près aucune information nouvelle.

 

Donc, c'est ça, c'est un marronnier. Un exercie convenu de journalisme. Pour que ce soit autre chose il manque un élément essentiel. Les marrons, justement. Quand ça castagne dans les manifs (de « castanea » : chataîgne), comme par exemple les manifs paysannes, ou les blocages de chauffeurs routiers, ou des exactiosn de « casseurs » là il se passe quelque chose. Soit une réponse positive des pouvoirs publics, par peur que la violence ne dégénère, soit une forte repressions policière. Quand l'un des deux camps parvient à « tirer les marrons du feu », aussi. Soit le gouvernement prend peur, il recule. La rue a gagné. Soit un affablissement de la mobilisation, le gouvernement sait que la contestation s'essouffle, il ne risque plus rien, il a gagné.

 

Mais là, pas de marrons. Pour l'instant le marronnier n'a rien produit et c'est pour cela qu'il est un marronnier. Son pouvoir d'inforamtion est à peu près nul.

Pierre Gandonnière

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Pierre Gandonnière


Voir le profil de Pierre Gandonnière sur le portail Overblog

Commenter cet article