Communiquer en écosystème
10 Septembre 2025
C’est le syndrôme bien connu du joueur de casino. Il perd. Il mise tout sur le 7, son chiffre fétiche. Mais en politique, il n’y a pas de fétiche, il n’y a que des faits. Il reperd…Il rejoue. Il reperd. Il est convaincu qu’il va se refaire. Il rejoue…Il reperd. La chance va forcément tourner un jour. Il rejoue…Il reperd. Il joue avec la chance mais la chance ne joue pas avec lui. En politique, la chance ne pèse pas lourd face aux faits qu’il ne veut pas voir et notamment celui-ci : il perd.
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Il n’arrête pas de perdre. Il gagne la présidentielle de 2017 avec 66% des voix. Mais pour celle de 2022, il perd 7 points à 56% et gagne par braquage de l’élection : Moi ou Le Pen. Une victoire? Il perd les législatives suivantes, seul président de la Vè République à perdre la majorité après une présidentielle : 39% pour son camp. Que fait-il ? Il rejoue. Aux européennes de 2024 il perd encore plus : le RN en tête (tiens, le braquage s’est inversé), le camp Renaissance est à 15%.
Que fait-il ? Il rejoue. Il dissout. Seul président de la Vè -et peut-être de tous les temps- à provoquer une élection alors qu’il est largement minoritaire. Il perd. Son camp arrive dernier des trois blocs (RN : 37%, NFP : 27%, Renaissance : 25%). Que fait-il ? Il fait comme s’il avait gagné et remet son camp au pouvoir. Premier premier Ministre Michel Barnier : censuré par l’Assemblée Nationale au bout de trois mois. Deuxième premier Ministre François Bayrou : s’immole par le vote au bout de neuf mois.
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Que fait le président ? Il rejoue. Il reprend un premier Ministre parmi ses plus proches encore, un du premier cercle, fidèle d’entre les fidèles, un des rares qui reste : Sébastien Lecornu. Il rejoue encore. Toujours son numéro fétiche. Celui qui lui a fait perdre toutes les élections depuis 2017. Il ne lui reste plus qu'un jeton en main. La prochaine fois, il n'aura pas d'autre choix que de se nommer lui-même : la démission.
On sait comment l’histoire du jeu de casino va finir. Il n’y a pas d’autre issue. Un qui l’avait compris avant les autres, c’est le vieux hussard qui avait porté Emmanuel Macron au pouvoir en 2017: Gérard Collomb, maire de Lyon. Nommé ministre de l'Intérieur, après avoir vu de près comment se comportait le pouvoir en question, il démissionne en catastrophe et se rapatrie place de la Comédie*. Malheureusement pour lui, il revient avec la “chtouille” et perdra sèchement les élections municipales et métropolitaines de 2020.
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*adresse officielle de l'Hôtel de Ville de Lyon. Les Lyonnais ne se font pas beaucoup d'illusions sur la comédie du pouvoir.
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