Communiquer en écosystème
29 Août 2025
Bien sûr il serait tentant pour la gauche de se rassurer. Selon un sondage Odoxa pour Public Sénat, 52 % des Français s'apprêtent à reconduire leur maire (11/08/2025). Il lui suffirait donc de surfer sur la vague, dans les villes de gauche ou écologistes. Ce serait oublier que 47 % s’apprêtent à faire le contraire et qu’on ne sait jamais de quel côté va tomber la pièce.
5 erreurs à ne pas commettre, la plupart sont déjà engagées.
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On l’a déjà dit, et même déjà répété, le sondage Toluna-Harris Interactive, paru le 27 juin sur les municipales lyonnaises, sur commande de Jean-Michel Aulas, a tout pour plaire à celui qui l’a payé. Il place Jean-Michel Aulas en tête au premier tour à 36 %, contre 27 pour Grégory Doucet. On gonfle déjà des ballons dans le camp d’Aulas. Mais on a tort. Quand on additionne les voix de gauche qui se rallieraient au second tour au maire sortant, “sur le papier” Grégory devrait finir en tête, et rafler une deuxième fois le fauteuil d’Herriot. Et bien ce serait une erreur aussi pour les écologistes de se croire favoris, loin s’en faut. Dans la configuration présentée par l’étude d'opinion, tous les candidats ne sont pas encore sur la ligne de départ, et surtout la bataille n'a pas encore commencé, projet contre projet, candidat contre candidat. Elle démarre maintenant. Et tout peut encore être bouleversé. D'autant que la situation politique est en train de bouger. Tout VA être bouleversé.
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Se donner comme objectif d’être le leader incontesté à gauche, dans la perspective des présidentielle et législatives de 2027. En stratégie, quand on se trompe d'objectif on est sûr de ne pas l’atteindre. Il y a un esprit de revanche à gauche, un peu partout. Quand on regarde la configuration de l'Assemblée nationale, on trouve 73 députés LFI, 66 socialiste, 38 écolos, 17 autres Gauche. La suprématie de LFI est évidente. Elle se fait fortement sentir dans l'hémicycle où les mélenchonistes réussissent à imposer la culture du chaos. Mais cette représentation ne correspond pas proportionnellement aux orientations politiques des Français. Dans un sondage Elabe paru le 7 juin dernier, les intentions de vote en cas de législatives anticipées seraient de 16 % pour le camp PS /EELV/PCF, et 10% seulement pour LFI. Le leadership n’est pas du côté LFI. D’où la volonté pour le camp “modéré” de le démontrer dans les urnes, et la volonté pour le camp LFI de démontrer le contraire. En se présentant en indépendant, à Lyon, LFI a bien l'intention de marquer son territoire et de peser davantage sur la majorité. Mais l’objectif n ‘est pas de devenir leader de la gauche, il est de devenir maire de Lyon. Ce n’est pas le même combat.
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Depuis quelques semaines, les Lyonnais sont littéralement bombardés de messages destinés à les convaincre qu'ils sont contents du travail accompli par l’équipe sortante. En tous cas, elle est manifestement contente et veut le faire savoir. Toutes les municipalités en font autant à l'approche des élections. Il restera à savoir si ces campagnes se tiennent dans le cadre strict de la communication publique, -en effet les élus ont l'obligation de rendre compte de leur mandat-, ou si elles sont assimilables à de la communication politique, voire à de la propagande de campagne. Mais les recours qui ne manqueront pas d’arriver permettront à la justice de nous éclairer sur ce point. Pour autant, le marketing ne peut ni masquer les mécontentements, ni renverser l'opinion des gens. Or d'après un sondage Ifop datant de février 25, 52 % des Lyonnais trouveraient que Lyon change plutôt en mal, alors que 33 % seulement pensent que c’est en mieux. En ce qui concerne Grégory Doucet lui-même, 58 % se disent mécontents de lui, contre 42 % de satisfaits. C’était avant les campagnes de marketing politique et c’est sans doute ce qui les a justifiées. Mais le marketing est un rétroviseur. Et ce n’est pas vraiment sur le bilan que se joue une élection. Parmi les politiques sortant avec un bon bilan et qui ont perdu sèchement l’échéance suivante, on pense bien sûr à Lionel Jospin, mais aussi à ….Gérard Collomb.
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“Nous avons respecté notre programme, nous avons fait ce que nous avions annoncé”, c'est ce que répètent à l'envi les élus de la majorité. On comprend bien que les électeurs soient mécontents lorsqu’un élu ne tient pas ses promesses, mais est-ce la seule chose qu’on attende de lui : appliquer son programme? Comment a-t-il été élaboré, ce programme ? Par une poignée de militants dans d'obscures réunions. Est-il représentatif de ce que souhaitent les Lyonnais? Pour cela il faudrait que les militants constituent un échantillon représentatif de la population de la ville, 150 militants écologistes pour 500 000 Lyonnais. Il n’en est rien. Or, on remet les mêmes au travail et on va produire un nouveau projet dans la continuité du précédent. Sans tenir compte du fait qu’il est jugé majoritairement insatisfaisant. Sans intégrer de nouveaux paramètres, qui ne correspondent peut-être pas au dogmes du parti, mais qui répondent peut-être aux souhaits des gens. Ce qui fait un leader politique, ce qui a fait Gérard Collomb, c’est sa capacité à percevoir les aspirations de la population et à la traduire en projet politique. Les Lyonnais aiment leur ville. Ils sont satisfaits d’y vivre à 85%.
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Chacun se met en scène devant son monument préféré et prend ses poses. Majorité comme opposition. On est la star de sa propre vidéo et on croit que le monde tourne autour. Mais quand on regarde les aspirations des électeurs par rapport aux prochaines municipales, on est effaré du décalage avec les discours politiques. Le sondages de Public Sénat classait les thèmes prioritaires pour les Français à l’occasion de ces élections. En 1, la sécurité à 51%(tiens, un point faible des Ecologistes), en 2 : l’activité économique à 31% (tiens, en voilà un autre). L’environnement n’arrive qu'en 5ème position à 22%. Bien sûr, il s’agit de moyennes, les résultats sont sans doute assez différents d’une ville à l’autre. Mais à Lyon(sondage Elab) la sécurité est justement le point le plus noir du bilan, avec 37% seulement de satisfaits, suivi du stationnement (31%), de la circulation (26%). Plus étonnant, parmi les revendications les plus fortes de la population lyonnaise, on trouve un renforcement de la démocratie directe (71%). Or c’est un point sur les écologistes considèrent comme un succès pour eux, c’est un de leurs thèmes de bataille depuis longtemps. C’est aussi le principal reproche fait à Grégory Doucet selon le sondage : son manque d’écoute (36% de satisfaits).
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