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    <title><![CDATA[L'Ecologie de l'Information, le blog de Pierre Gandonnière (Les Essentiels)]]></title>
    <link>http://www.gandonniere.com/categorie-11110721.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Les Essentiels&quot; du blog &quot;L'Ecologie de l'Information, le blog de Pierre Gandonnière&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[L'Ecologie de l'Information, le blog de Pierre Gandonnière (Les Essentiels)]]></title>
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    <pubDate>Thu, 08 Dec 2011 02:42:04 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 08 Dec 2011 02:42:04 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.gandonniere.com</copyright>            <category>Les Essentiels</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Appel pour une communication équitable]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-appel-pour-une-communication-equitable-68601883.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img alt="logoComEquit.jpg" height="300" width="294" class="CtreTexte" src="http://img.over-blog.com/294x300/2/06/33/83/logoComEquit.jpg">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Depuis des décennies on &nbsp;enseigne aux communiquants à fonctionner sur le modèle :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Emetteur&nbsp;</span>→<span style=
    "font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 13px;">&nbsp;&nbsp;Message</span>→<span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 13px;">&nbsp;Récepteur.</span></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 13px;">On a beau rajouter la boucle de rétro-action, le feed back, &nbsp;pour tenter de se convaincre que l’interlocuteur est
    bien là, quelque part, et qu’on règle l'émission en fonction de lui, le compte n’y est pas.&nbsp;</span><strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 13px;">Le
    destinataire ne peut pas être : juste un réglage.</span></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Depuis des décennies la publicité s’adresse à son public comme à des cibles qu’il faut bombarder de messages pour obtenir
    un effet, qu’on mesure. Et plus l’impact est important et plus la communication est réussie. Ainsi la progression de la malbouffe, la gadgétisation du monde, la marchandisation du vivant, le
    culte de l’éphémère, la course à l’obsolescence peuvent-elles être considérées comme &nbsp;le résultat &nbsp;de communications réussies. On ne peut pas se contenter de mesurer les effets d’une
    communication en fonction des bénéfices qu’en retire l’émetteur. Les dégâts collatéraux sur les personnes et sur l'environnement doivent aussi être pris en compte. <strong>Le destinataire ne peut
    pas être : juste une cible</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Les réflexions sur les pratiques commerciales ont conduit à poser les principes d’un commerce équitable, à définir des
    règles d’échanges qui ne soient pas seulement à l’avantage du plus fort, mais qui s’équilibrent entre les deux parties. D’un côté des bénéfices commerciaux, de l’autre la garantie d’une juste
    rémunération du travail + des marges de manoeuvre permettant au producteur d’assurer son propre développement et les conditions d’une vie décente.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><em><strong>Et pour la communication, rien?</strong></em> Les producteurs de communication vont-ils continuer à régner en
    maître sur le domaine en ne s’intéressant à leurs interlocuteurs que pour ce qui sert leurs intérêts à court terme? Réduction du citoyen à l’état de consommateur, confisquation des aspirations
    humaines au profit de la seule pulsion d’achat, modélisation de toutes relations sur le schéma : fournisseur-consommateur. Même dans le monde associatif? &nbsp;Même dans le monde de l’éducation,
    dans le monde de la santé? Même dans la politique, qui en meurt ?&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>Il y a mieux à faire avec la communicatio</strong>n.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Les médias sociaux développent déjà de nouvelles pratiques. Sur un mode plus interactif, les rôles y sont
    interchangeables : producteur, transformateur, distributeur, consommateur, recycleur. Sur un mode plus équilibré, autour d’une nouvelle éthique : personne ne s’impose, on cherche à se faire
    accepter. Sur un mode plus social au sens de “société &nbsp;: on pense “communauté”, “réseau”. &nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Est-il possible de jeter les bases d’une communication équitable? De trouver de nouvelles pratiques en entreprise et en
    société qui permette à la communication d’être partagée au lieu d’être confisquée?&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Les médias non-finis comme l’internet permettent de contourner les systèmes oligarchiques qui ont mis la main sur les
    médias traditionnels. Ils ouvrent de nouveaux espaces de liberté à défricher, de nouvelles civilisations à construire. Une nouvelle communication à inventer.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Une communication basée sur des principes comme :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><strong><em><span style="font-size: 14pt;">1.</span></em> Primum non nocere</strong>. C’est le premier principe de la
    médecine : d’abord ne pas nuire. Etre responsable de sa communication, des conséquences qu’elle engendre, s’assurer qu’elle ne porte pas préjudice au destinataire.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><strong><em><span style="font-size: 14pt;">2</span></em>. Principe d’écoute</strong>. Il découle du premier. L’intérêt du
    “client-demandeur” n’est pas la seule variable à prendre en compte même si c’est lui qui paie. L’intérêt du destinataire est aussi important, pas de communication qui ne vise à satisfaire ses
    &nbsp;besoins en communication. Ses besoins vrais, ceux qu’il exprime librement. Pas ceux qu’on lui prête. Ecouter celui à qui on veut s’adresser d’abord.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><em><strong><span style="font-size: 14pt;">3.</span></strong></em> <strong>Principe de générosité</strong>. C’est une
    règle ancestrale, tout commerce, et donc toute communication, commence par des offrandes. Une grande partie de ce qui se communique doit être mis à disposition gratuitement. Il faut nourrir la
    machine à communiquer. Le payant finance le gratuit. Le “marchand” n’est qu’une partie de l’ensemble. Il ne cherche pas à tout envahir.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><span style="font-size: 14pt;"><em><strong>4.</strong></em></span> <strong>Principe de co-production</strong>. Avec les
    &nbsp;médias interactifs, produire la communication d’un seul côté n’a pas de sens, c’est même un abus de pouvoir, une tentative de sujétion, de domination. Les processus coopératifs permettent
    d’adapter la communication &nbsp;chemin faisant, en prenant en compte au fur et à mesure le point de vue de l’autre. Grâce à eux, on peut parvenir à une relation de communication
    équilibrée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><em><strong><span style="font-size: 14pt;">5</span><span style="font-size: 14pt;">.</span></strong></em> <strong>Principe
    d’équité</strong>. Chacun doit trouver son compte au final. Ce que l’un gagne ne doit pas être perdu par l’autre. Comme dans le commerce équitable, il faut redéfinir les termes de l’échange. En
    quoi la participation de l’acteur économique contribue-t-elle au développement de tous, et particulièrement de son client?&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;"><strong>On ne peut pas se contenter de communiquer selon les principes de Madison Avenue</strong>, ni selon ceux des fils
    de pub des années 80, ni selon ceux du "marketing viral" qui porte trop bien son nom pour qu’on puisse se méprendre sur son compte. Ce sont de nouvelles pratiques, de nouvelles règles négociées
    avec le public et non plus imposées, une nouvelle éthique qu’il nous faut trouver.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Nous, les professionnels de la communication d’entreprise, de la publicité, de la communication dite “d’influence”, de la
    communication publique, de la communication politique, du monde des médias et même du journalisme.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">Pierre Gandonnière</span>
  </p>
  <p>
    <strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;">NB Ce texte est une première ébauche. Chacun est invité &nbsp;à participer à sa construction (corrections,
    remarques, ajustements, propositions, discussions).&nbsp;</span></strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 04 Mar 2011 17:37:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">bb5701843b7059466aefe31d386cf7b1</guid>
                <category>Les Essentiels</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-appel-pour-une-communication-equitable-68601883-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'écologie des réseaux ( β 1.0)]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-l-ecologie-des-reseaux-----1-0--37366490.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83//Internet2.jpg" class="GcheTexte" width="300" height="300">Ils deviennent les nouveaux modes de structuration du monde. Les voies par lesquelles
    passent la communication , l'économie, et même la politique, la géopolitique. Ce sont leurs structures et leur principes de fonctionnement qui s'imposent peu à peu. En écologie, la dernière
    évolution épistémologique de compréhension du monde, et donc en écologie de l'information, ils posent un douloureux problème : les approches théoriques les plus élaborées qu'on connaisse sont
    modélisées sur les systèmes, simples ou complexes. C'est le cas des écosystèmes. Or le réseaux ne sont pas des systèmes. Ils vont donc nous amener à revoir en profondeur tous nos modèles
    théoriques. Mais que sont donc les réseaux, pour ce qu'on en comprend aujourd'hui ? En quoi remettent-ils en cause les systèmes?
  </p><br>
  <p>
    &nbsp;
  </p><em><br>
  <br>
  <br>
  <br></em>
  <p>
    <span style="font-size: 24pt;">Les systèmes</span>
  </p>
  <p>
    Un système est un ensemble d'éléments organisés autour d'interactions qui concourent à un projet commun, une téléologie. Le système est suffisamment structuré pour qu'on puisse en définir les
    limites, séparer un dedans d'un dehors. On doit pouvoir déterminer à coup sûr ce qui fait partie ou non du système en fonction de l'intensité des interactions de chaque élément avec le système et
    de sa dépendance ou de son autonomie par rapport à lui. Il recèle un centre de décision plus ou moins organisé qui maintient la cohérence du système et sa tension vers le but final. Le système ne
    se conçoit que pris dans une dynamique vivante, c'est à dire en mouvement constant. Il doit parvenir à maintenir un équilibre entre : d'une part le mouvement qui tend vers un but et les échanges
    internes/externes qui produisent du désordre, et d'autre part l'inertie c'est à dire les forces qui assurent l'homéostasie, la survie du système et sa cohérence malgré le mouvement.
  </p>
  <p>
    Les rôles y sont précisément définis, même s'ils peuvent changer selon les mouvements d'échanges :
  </p>
  <p>
    prédateur/proie
  </p>
  <p>
    Producteurs (autotrophes) - consommateurs '(herbivores, carnivores, omnivores, carnivores de carnivores), - décomposeurs = modèle de chaîne trophique
  </p>
  <p>
    Producteurs-transformateurs-distributeurs-consommateurs-stockeurs-recycleurs = modèle économique
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    On parle de système ouvert ou fermé. En théorie un système complètement fermé n'aurait aucune activité perceptible de l'extérieur. On peut en déduire qu'un tel système serait mort ou n'existerait
    pas. On parlera donc plutôt d'un système fermé lorsque la majorité de ses échanges se situent en interne et de système ouvert lorsque la majorité de ses échanges se situent en externe. Cette
    distinction prend tout son sens par exemple dans l'application des lois de Parkinson qui disent que toute organisation bureaucratique tend à l'autarcie, c'est à dire à centrer la totalité de son
    activité sur elle-même.
  </p>
  <p>
    On parle de système complexe lorsque le nombre d'éléments est important, que les modalités d'échanges internes/externes sont diversifiés au point de créer des systèmes de sous-systèmes, lorsque
    les rétroactions interviennent de manière majeur dans la régulation du système. Mais de manière plus impérative, le nombre d'éléments ne suffit pas, un système à éléments nombreux peut être
    seulement compliqué. Pour qu'il soit complexe, il faut qu'il fonctionne selon les règles de la complexité : le tout n'est pas la somme des parties, il est à la fois plus, moins et autre chose. Le
    système complexe est capable d'auto-organisation. Les boucles de rétroaction jouent un rôle déterminant dans les échanges internes/externes comme dans l'auto-organisation. Le principe de
    non-contradiction est réfuté, une chose et son contraire peuvent être vraies en même temps.
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Exemple 1. Une administration.</span>
  </p>
  <p>
    Sa raison d'être est une mission (téléologie). Elle est structurée selon un organigramme. On sait précisément qui en fait partie ou non, qui est « à l'effectif ». Les rôles de chacun y sont
    précisément décrits dans de fiches de postes. Il y a une organisation qui décrit ce que doit être le fonctionnement théorique. Mais il y a aussi suffisamment de « bordel ambiant » pour contourner
    les règles et permettre le fonctionnement réel. Ordre et désordre se marient donc, selon le principe d'entropie. Le système est ouvert quand il se centre essentiellement sur sa mission, fermé
    quand il poursuit comme but principal sa propre survie et son propre intérêt, indépendamment des besoins qui se manifestent à l'extérieur. Il est hétéro-normé quand un autre système (comme : le
    politique) en prend le contrôle pour le soumettre à ses propres buts, par exemple électoralistes, en le détournant de sa mission première. Il est violemment dé-normé quand on modifie le nature
    même se sa mission, le mettant en contradiction avec ses propres modes de fonctionnement. Ainsi la mise en concurrence de services publics avec des entreprise privées ne peut aboutir qu'à
    l'assujettissement des services publics aux règles commerciales (et jamais l'inverse). Le but commercial vient soumettre à sa loi : l'utilité du service, l'impartialité de traitement des clients,
    l'égalité d'accès des citoyens, le principe de solidarité. Il conduit à remettre en cause le contenu des emplois, la structure des organisations, leur fonctionnement et leur gestion. Il intègre
    par nécessité la dimension de rentabilité et finit par par adopter les mêmes finalités que les entreprises commerciales : de développer, conquérir de nouveaux marchés, absorber d'autres
    structures pour grossir. Autant de buts qui n'ont rien à avoir avec la mission originelle. Et ce, que le capital de l'ex-service public soit devenu privé ou resté public.
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Exemple 2. Un service public éclaté : la SNCF.</span>
  </p>
  <p>
    L'entreprise nationale est un service public. Elle devrait donc fonctionner selon les mêmes règles que n'importe quelle administration. Celle d'un système assez fermé, toujours menacé de se
    replier sur son fonctionnement interne, ses préoccupations organiques, perdant un peu de vue la finalité qui le justifie. Mais dans le cas de la SNCF, comme des autres entreprises de transports,
    et comme des autres entreprises de réseau sans doute, on a affaire à une structure comme éclatée de l'intérieur vers l'extérieur. Dans les administrations, la clientèle est extérieure, le
    personnel intérieur, la clientèle entre dans l'espace ferme dédié à la structure qui en contrôle les flux et les échanges. Dans le cas de la SNCF, tout se passe en milieu ouvert. Il n'y a pas
    l'enveloppe protectrice d'un lieu couvert, une usine, un immeuble, un atelier, un endroit ou ceux du dedans sont chez eux et ceux du dehors n'entrent que selon un protocole maîtrisé. Tout se
    mélange. L'activité professionnelle se déroule dans l'espace public. C'est une situation profondément insécurisante pour les acteurs qui ont besoin de recréer artificiellement une sorte
    d'enveloppe invisible qui sépare le dedans du dehors, la clientèle des cheminots. Alors qu'on pourrait s'attendre à ce que les contacts soient plus faciles entre eux que derrière un guichet,
    c'est le contraire qui se produit. Les relations sont distantes et la communication particulièrement défaillante. L'intérieur et l'extérieur sont entremêlés. Pour arriver à se différencier, ils
    n'ont pas d'autre solution que de s'ignorer l'un l'autre. C'est un réseau, mais qui dysfonctionne d'être structuré et de vouloir fonctionner comme un système.
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Exemple 3. La publicité.</span>
  </p>
  <p>
    Elle peut se décrire comme un système simple : une machine à influencer une cible. Les rôles sont bien répartis, d'un côté les actifs, émetteurs, de l'autre, les passifs, récepteurs. Le mode de
    production de l'agence, même ses interactions avec le client-annonceur sont faciles à décrire. Les modes de diffusion sur les supports publicitaires, les espaces publicitaires des médias aussi.
    Et même les mesures d'impact. Les choses se compliquent un peu quand on intègre le système publicitaire comme élément dopant d'un système plus vaste : le système commercial, lui-même relié au
    système de production. Se compliquent encore quand on intègre chacun de ces systèmes compliqués dans leur environnement : d'une part celui de la production publicitaire tous agence confondues et
    plus encore celui de la production médiatique où les publicités trouvent leur place, et d'autre part l'environnement du marché où se trouve le produit et l'entreprise de l'annonceur, avec sa
    clientèle, sa concurrence directe et indirecte. Alors, on passe du compliqué au complexe car il n'est plus possible de découper le mégasystème en éléments isolables. Les interactions sont
    tellement imbriquées les unes dans les autres que les sous-systèmes sont totalement dépendants les uns des autres. La publicité contamine les contenus de divertissements qui contaminent les
    contenus informationnels et réciproquement. Témoin ce lancement de sujet d'Elise Lucet dans le JT de France 2 en octobre 2009 « On se souvient de la campagne de 1995 avec le slogan : &nbsp;mangez
    des pommes... » Et non. Le slogan de campagne de Jacques Chirac, derrière l'image du pommier, était « La France pour tous ». C'est une émission de divertissement, les Guignols de l'Info, qui
    l'avait détourné en « Mangez des pommes ».
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 24pt;">Les réseaux</span>
  </p>
  <p>
    Un réseau est un système complètement ouvert qui n'a ni centre ni périphérie. Ni dedans ni dehors. Ou plutôt : à la fois dedans et dehors. En fait la question n'a pas de sens. Dans le cas du
    réseau il ne s'agit pas de savoir si on est à l'intérieur ou à l'extérieur, mais de savoir si on est connecté ou non. Si on ne l'est pas, on n'existe pas, pour le réseau. Et si on est connecté,
    on n'est pas <em>dans</em> le réseau, on <em>est</em> le réseau. Comme il n'a pas de limite, d'enveloppe, le réseau peut s'étendre, changer de forme, de manière imprévisible, qui échappe
    totalement même à ses initiateurs. Souvent il n'est pas descriptible en extension, seulement en compréhension.
  </p>
  <p>
    Le réseau est plat, horizontal. Il fonctionne pourtant dans au moins 5 dimensions, mais il ne reconnaît pas de hiérarchie, pas d'organisation pyramidale. Les structurations organisationnelles se
    font plus sur le modèles des collèges invisibles. L'autorité des acteurs s'acquiert par la reconnaissance des pairs et par le pouvoir d'influence « naturelle » de tel ou tel sur le réseau. Au
    lieu d'une structure hiérarchique, on trouve donc une sorte de cosmogonie avec des soleils rayonnant pus ou moins fortement, des planètes qui tournent autour, des satellites. Un maillage qui ne
    ressemble pas à celui d'un filet, parce que les mailles n'y sont pas régulières. Certaines régions de l'univers sont fortement déformées par la présence d'un soleil ou d'un élément de forte
    densité comme un site à grand rayonnement. D'autres sont plus désertes, plus inactives, plus distendues.
  </p>
  <p>
    Chaque acteur du réseaux dispose, potentiellement de toutes les fonctions possibles, aucun n'est assigné à un rôle captif. Il peut être producteur, transformateur, transmetteur, consommateur,
    destructeur, recycleur, stockeur, constructeur de réseau....Aucun de ces rôles n'est exclusif de l'autre, chaque acteur peut en incarner plusieurs simultanément ou tour à tour. Il en résulte que
    la répartition des rôles qu'on trouvait dans l'écosystème ne sont plus valables. L'activité d'un des acteurs ne peut se développer que par un jeu d'interactions fait de
    propositions-réponses-réactions-corrections-rejet-transformation-accueil-transmission-reprise....Pour faire simple on dira que le processus ne peut pas être seulement actif ni même pro-actif,
    mais qu'il se situe toujours entre interactif et collaboratif.
  </p>
  <p>
    La finalité du réseau n'est pas simple à déterminer. La plus évident est celle-ci : le réseau construit du réseau. Et encore. Il ne le fait que si les participants y trouvent un intérêt, sinon il
    meurt. Nul ne peut imposer une finalité. Un réseau doit se légitimer auprès de ses utilisateurs-constructeurs. Et alors il échappe largement à ses initiateurs, puisqu'il se met à se
    co-construire. Il est donc la résultante de finalités multiples trouvées-créées<sup><a id="sdfootnote1anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href=
    "#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></sup> par les utilisateurs. Résultante prise dans une dynamique, c'est à dire qui évolue au cours du temps sous l'influence des acteurs et de leur
    environnement.
  </p>
  <p>
    Un réseau n'est pas un écosystème. Ou alors un écosystème intégré, dans lequel l'environnement est à l'intérieur autant qu'à l'extérieur, interpénétrés. Et aussi : désintégré, puisque tout ce qui
    rendait l'écosystème définissable a volé en éclats. Pour autant le réseau est plus facile à concevoir dans sa complexité que l'écosystème, il est une adaptation à la complexité. Il est à la fois
    un produit de la complexité et un producteur de complexité. Chacun des éléments qui composent un réseau peut être partie prenante d'autres réseaux, voire : être un réseau lui-même. On retrouve la
    même imbrication que dans les systèmes de systèmes mais dans plus de trois dimensions. Ce qui est élément ici peut être réseau là et inversement.
  </p>
  <p>
    Enfin le monde des réseaux, qui reconfigure le monde, ne fait pas disparaître le monde des systèmes. Ceci ne tue pas cela<sup><a id="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc"
    href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a></sup>. Le monde des réseau englobe le monde des systèmes et ne le fait pas disparaitre. Tout n'est pas réseau. Les structures hiérarchiques, cloisonnées,
    unilatérales, institutionnelles, continuent d'exister. Mais le pouvoir peu à peu leur échappe. Elles deviennent de plus en plus impuissantes surtout si elles conservent leur ancien mode de
    fonctionnement. Le monde des réseaux tend peu à peu à prendre le pouvoir, c'est à dires : <em>les</em> pouvoirs, multiples, complexes, interactifs, collaboratifs. Ce sont ses modes de
    fonctionnement qui deviennent dominants.&nbsp;
  </p>
  <p>
    Sans vouloir faire un état complet de ce que les réseaux sont susceptibles de changer dans le monde, voici tout de même trois illustrations sous forme d'oracle, c'est à dire volontairement
    exagérées, en ne montrant qu'un aspect des choses, celui d'une révolution linéaire comme le prophètes des médias aiment à nous en annoncer tous les 5 ans.<br>
    <br>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Oracle N° 1 : le pouvoir des mass médias est mort</span>
  </p>
  <p>
    Le monde médiatique d'où nous sortons était dominé par la télévision. C'est elle qui imposait ses choix, son agenda setting, son point de vue sur l'actualité, son angle et son mode de traitement
    de l'information. Les autres médias : presse, radio, avaient pris l'habitude de redéfinir leur métier en fonction d'elle sur le modèle : la radio annonce, la TV montre, la presse explique.&nbsp;
    Ce Yalta de l'information s'est effondré comme le mur de Berlin. Or le système de pouvoir de lé télévision repose sur le principe d'une source unique diffusant sa vision du monde sur des cibles
    passives, sans rétroaction possible, puisque le récepteur n'agit pas sur le contenu qui est diffusé à son intention. C'est donc un mode de communication unilatéral permettant à un média (et donc
    un opérateur unique) de tenter d'assujettir une masse. Dans les réseaux, l'utilisateur n'est jamais pasif, c'est lui qui décide de sa propre navigation. Il est donc hors de question de lui
    imposer un point de vue exclusif des autres. Chacun est autant producteur potentiel que consommateur, les médias ne décident donc plus de ce qu'on montre et de ce qu'on cache. il n'y a plus
    d'angle mort de l'actualité, c'est la transparence complète, jusqu'à la tyrannie&nbsp; du voyeurisme absolu. La voix de son maître, c'est fini. Les vieilles publicités de Pathé Marconi, un des
    dinosaures de la radio montraient un chien écoutant son maître dans le cornet d'un gramophone. Aujourd'hui le teckel pris le pouvoir, il décide de ce qu'il veut entendre, il conteste, corrige,
    contredit, complète, critique. Les journalistes doivent apprendre à travailler sous l'œil critique permanent de leur auditoire et à le traiter comme un partenaire, une source, un co-producteur,
    et non pas un "public". Il n'y a plus de pouvoir médiatique, ou alors, c'est un pouvoir collectif, partagé et on ne mesure pas encore les implications de ce changement.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Oracle N° 2 : le pouvoir cache son impuissance grandissante par un usage immodéré de Viagra institutionnel.</span>
  </p>
  <p>
    C'est du moins le cas en France, pays jacobins, centralisé à outrance, où tout remonte toujours à Paris pour y être décidé...et bien peu exécuté. Les circuits de décision suivent toujours un
    logique pyramidale. Ce pays vit dans l'illusion que les décision s'y prennent au sommet et que l'éclair de Jupiter n'a plus qu'à frapper le sol de sa foudre pour que la réalité s'en trouve
    transformée. Bien sûr, il n'y a que du haut de son nuage que le roi des dieux peut se bercer de cette illusion. Dans le monde des hommes de la Terre, on voit bien l'énergie se perdre dans tous
    les circuits administratifs, le mille-feuilles français, avec tous ses contrepouvoirs acharnés à l'empêcher d'atteindre son but. Et au final il y a bien peu d'électricité dans la lampe. A l'ère
    des réseaux c'est pire. Tous les contrepouvoirs qu'on avait réussi à phagocyter, les informations qu'on parvenait à cacher, les organisations qu'on savait ne pas écouter, se développent
    maintenant librement. Et le monde plus ou moins factice sur lequel règne toujours les gouvernants ne résiste plus à l'assaut des réseaux. Il n'a pas été possible d'empêcher le débat sur la Loi
    Hadopi, il s'est déroulé (se déroule) hors de l'assemblée nationale. Et on n'empêchera pas la réalité de rattraper cette loi et de finir par avoir sa peau. Paradoxale est alors la réaction du
    politique. Au lieu de faire la seule chose qui serait raisonnable, partager ce pouvoir, mettre à profit la formidable capacité contributive contributeur des réseaux pour co-construire du
    politique, il fait le contraire, il revient&nbsp; en arrière, vers une époque bonapartiste où un seul homme pouvait croire contrôler l'empire. Le pouvoir est-il en train de se suicider?&nbsp; Il
    ne pliera pas les réseaux. C'est ce qui est expliqué ailleurs dans la théorie de l'élastique. <span style="font-size: 14pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Oracle N° 3 : les machines pyramidales s'effondrent.</span>
  </p>
  <p>
    L'Etat court vers son obsolescence. Mais comme dans "Le Sixième Sens", il ne le sait pas encore. Il croit structurer des territoires, définir des règles de fonctionnement selon le différents
    échelons que sont la nation, la région, le département, la commune. Avec, au dessus, ce qu'on appelle l'Europe des Nations. Or, de plus en plus, les territoires se développent hors de leurs
    frontières administratives, par empirisme. C'est l'usage qui en trace la géographie et les voies de circulation, qui active les territoires réels et qui se moque pas mal des cartes tracées par
    les technocrates, elles ne veulent plus rien dire. De même se composent des communautés qui n'ont plus rien à voir avec des nations, des région ou des villes, ni même avec des groupes sociaux
    reconnus. La «&nbsp;nation Facebook&nbsp;» aura bientôt autant d'habitants que l'Union Européenne et pourtant pas un seul drapeau aux Nations Unies. Les identités personnelles et sociales se
    déconstruisent et se reconstruisent au gré des appartenances que chacun se trouve, en s'affranchissant de toutes les règles édictées par les pouvoirs institutionnels. Les entreprises sont en
    réseau, les militances sont en réseau, le culture est en réseau, la recherche est en réseau, les diasporas se reforment en nations virtuelles. Il n'y a que le pouvoir politique qui reste
    désespérément accroché à ses pyramides vacillantes, celles des palais présidentiels, des grandes administrations hiérarchiques, des institutions centralisatrices. Et mêmes des réseaux fermés sur
    lesquels il avait l'habitude de s'appuyer : les grand corps de l'Etat, les incubateurs de technocrates : les grandes écoles, les think tanks et autres clubs d'influences plus ou moins occultes.
    Les réseaux s'insinuent dans les interstices de ces pouvoirs là, comme les vagues rongent la falaise et la falaise ne gagnera jamais cette bataille. Les machines pyramidales sont condamnées. Mais
    elles réagissent comme un ultime sursaut de la pire manière qui soit, en renforçant leur pouvoir, elle croient assurer leur survie, elles accélèrent leur perte. Plus elles centralisent, plus
    elles fabriquent de l'entropie qui vient nourrir les réseaux., les contrepouvoirs. Les conséquences ne sont pas réjouissantes : renforcement des mouvement anti et alter, mais aussi et surtout, de
    la violence sociale.
  </p>
  <p>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 10pt;"><em>Pierre Gandonnière</em></span>
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="sdfootnote" style="margin-bottom: 0.5cm;">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a>Au sens de Donald Winicott
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p class="sdfootnote" style="margin-bottom: 0.5cm;">
      <a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a>Dans Notre Dame de Paris l'archidiacre Claude Frollo prononce cette phrase en désignant un livre
      puis la cathédrale : « Hélas, ceci tuera cela ». Depuis, cette formule désigne la crainte qu'un nouveau média ne fasse disparaître son prédécesseur. Peur toujours présente à chaque révolution
      médiatique. Mais toujours démentie par les faits. Aucun média n'en a jamais tué un autre.
    </p>
  </div>

  
  
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        <pubDate>Sun, 11 Oct 2009 21:31:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e4eb34a29dc4209ba04be9f6c5831bc4</guid>
                <category>Les Essentiels</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-l-ecologie-des-reseaux-----1-0--37366490-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[5 manières de résoudre un problème]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-36430143.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83/boite-a-outils-bricolage-marseille.gif" class="DrteTexte" width="300" height="248"><br>
  <br>
  <em><b>Chaque problème a sa solution, comme chaque pot a son couvercle et bon chat bon rat. Mais en l'occurrence la sagesse populaire n'est pas forcément sage. Ni populaire. Il existe plusieurs
  manières (et pas : une seule) de traiter un problème. Les plus efficaces ne sont pas toujours les plus avouables.</b></em><br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">1. Lui trouver une solution.</span><br>
  C'est la plus banale. Nous sommes formés à l'esprit cartésien&nbsp; selon lequel : a + b = c. Il existe une seule manière de résoudre une équation, une seule réponse juste et il s'agit de la
  trouver. Dans les affaires humaines, cela correspond au royaume de la technocratie : faire croire qu'il n'y a pas de choix contradictoires entre des projets différents sous-tendus par des valeurs,
  des croyances, des idéaux. Mais que toute question politique se résume finalement à trouver la solution unique de l'équation, la seule réponse juste à un problème bien posé. Il ne peut donc pas y
  avoir de débat. Si l'un a raison c'est que l'autre a tort. Pas de controverse possible. Pas de politique, seulement de la technocratie. On dit que si l'on confiait le Sahara aux énarques, dans six
  moins il faudrait importer du sable. Ils auraient donc réussi à inventer à la fois le problème et la solution. Mais même uniques, les solutions ne résolvent pas forcément les problèmes. Elles
  produisent souvent des effets pervers. En plus elles ne sont pas forcément applicables.<br>
  <br>
  <b>Exemple 1.</b> Pas forcément applicables. Problème : la faim dans le monde . Postulat : il y a assez de richesses pour nourrir tous les habitants de la planète. Solution : il suffit dons de
  répartir plus équitablement. Merci de bien vouloir expliquer à l'ONU et à ses 192 états membres, la marche à suivre.<br>
  <br>
  <b>Exemple 2.</b> Effets pervers. Problème : les travailleurs perdent trop de temps dans les transports, on veut raccourcir le temps de trajet. Solution : la voiture est plus efficace que le vélo
  ou la mobylette, on favorise donc l'acquisition d'automobiles. Effet pervers : au lieu de raccourcir les distances, on les allonge. Avec la voiture, les salariés vont choisir d'aller habiter non
  plus à 5 ou 10, mais à 30, 40, 50km de leur résidence. Avec le TGV, beaucoup plus.<br>
  <br>
  <b>Exemple 3.</b> Ne résolvent pas. Problème : le chômage. Pour éviter la dé-socialisation des chômeurs on invente un système d'aide et d'assistance : les indemnisations, qui leur permettent de
  conserver un minimum vital. Cela ne résout en rien le problème du chômage. Au contraire, la solution se crée une rente de situation sur le problème et empêche de le résoudre. Les employeurs
  hésityent moins à licencier. Les salariés privés d'emploi risquent de s'installer dans la précarité. De même, si demain les automobilistes ne font plus aucun excès de vitesse, les radars ne seront
  plus rentables, on ne pourra plus en installer et l'état perdra 500 millions d'euros par an. La repression ne doit donc pas faire disparaître l'infraction. Si le problème était soudaine résolu, il
  tuerait la solution. Or, elle est au moins aussi importante que le problème.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">2. Surtout ne pas y toucher !</span><br>
  Le plupart des problèmes se résolvent d'eux-mêmes, ou sinon tout le monde finit pas les oublier ce qui revient au même. Un problème auquel plus personne ne pense n'est plus un problème. Selon le
  principe d'une sage médecine qui dit <em>:"un rhume bien soigné passe en une grosse semaine. Alors que mal soigné il se traîne bien huit jours"</em>, laisser faire la nature. C'est d'ailleurs la
  consigne que se refilent certains ministres de l'Education Nationale si l'on en croit la rumeur, au moment de la passation des pouvoirs à leur successeur : "Surtout ne faites rien". Faire quelque
  chose, c'est prendre le risque de l'échec, très compromettant pour la suite d'une carrière. Ne rien faire, c'est laisser prendre ce risque aux autres, et un concurrent affaibli, c'est un point de
  gagné. Edgar Faure (qui fut ministre de l'Education Nationale) en avait fait presque une devise : <em>« l'immobilisme est en marche, et rien ne pourra l'arrêter".</em><br>
  <br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">3. L'aggraver.</span><br>
  Beaucoup de problèmes se résolvent tous seuls, certes, mais à leur rythme. Et il se peut que ce ne soit pas suffisant. Pas assez rapide. Le JT de 20 heures n'attend pas. D'où ce formidable
  accélérateur qui enclenche chez le problème un furieux désir de se résoudre tout seul, spontanément : l'aggraver.<br>
  <b><br>
  Exemple. La circulation automobile.</b> Depuis l'origine remontant pratiquement au char de Cugnot, la place des automobiles n'a cessé de croître, bouleversant la physionomie de nos villes : rues
  encombrées, dangerosité accrue pour les pétons, pollution de l'air, bruit, accidents. Pour y répondre on n'a cessé de pratiquer toujours la même politique : adapter la ville aux automobiles,
  réduire les trottoirs, modifier les infrastructures pour améliorer les fluidité de la circulation, harmoniser les feux sur les rythmes des voitures. Avec une seule conséquence, toujours la même :
  une augmentation inéluctable et constante du trafic automobile. Non seulement le problème n'était pas résolu, mais il ne cessait de se développer. Jusqu'au bord des années 2000 où l'on commença à
  passer de la solution 1 à la solution 3 : au lieu de résoudre le problème, essayons de l'aggraver. Au lieu d'augmenter l'espace dédié à l'auto, réduisons-le. Au lieu d'adapter le trafic au mode de
  circulation de l'auto, désadaptons-le. Couloirs de bus,en site propre, espaces piétonniers, tramways mangeant une partie de la chaussée, pistes dédiées aux modes doux, réduction de la vitesse&nbsp;
  et bientôt&nbsp; adoption du code de la rue. Résultat : pour la première fois depuis que l'automobile existe, le trafic urbain a commencé de régresser.<br>
  <br>
  De même certains médecins soignent le mal par le mal. De même dans certaines thérapies de Palo Alto, chères à Paul Watzlawick, recommande-t-on de prescrire le symptôme. Certes il peut arriver que
  le patient en meure. Mais pas tellement plus souvent que si on n'avait rien fait. Il arrive aussi que le patient, se sentant persécuté dans son symptôme, se mette à en changer pour pouvoir
  continuer à rester malade, mais d'autre chose.&nbsp; Ce qui nous conduit tout naturellement au point suivant : pour résoudre un problème .....<br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">4. Changer de problème.</span><br>
  C'est toujours la question de la clef et de la serrure. Lorsqu'on n'arrive pas à trouver la bonne clef qui aille avec la bonne serrure, peut-être vaut-il mieux chercher la bonne serrure qui aille
  avec la clef. Ça paraît idiot. Et pourtant. C'est ce qu'on fait en permanence en médecine. Beaucoup de pathologies n'apparaissent et ne se développent que parce qu'il existe une place pour elles
  dans la nosographie et qu'on en connaît le traitement correspondant. En décrivant l'hystérie de conversion, Freud, après Charcot, a suscité de nombreuses vocations d'hystériques qui se sont mises à
  manifester&nbsp; exactement le tableau clinique qui avait été décrit. Il ne s'agit pas de dire qu'en réalité ces personnes ne souffriraient de rien, mais de dire qu'il faut bien que cette
  souffrance prenne une forme, et&nbsp; tant qu'à faire autant que ce soit une forme connue. Et soignable. Ainsi les schizophrénies à personnalités multiples ont-elles plus ou moins de succès selon
  les époques et selon les régions du globe, davantage aux USA, très peu en France où les cas cliniques demeurent rares. EIles suivent exactement la courbe d'intérêt que leur portent les médecins. De
  même la fameuses crise de foie, spécialité typiquement française pratiquement inconnue ailleurs. Les maladies orphelines sont par nature, très rares. Et encore bien plus rares les affections qu'on
  ne serait même pas capables de décrire et d'expliquer. Il en résulte qu'un problème qui ne se connaît pas de solution est peut-être un problème qui n'existe pas. A tel point qu'on n'aurait tout
  intérêt intérêt à le poser différemment, voire même carrément à changer de problème. Et quitte à en changer, autant opter cette fois-ci pour un dont on connaisse par avance la solution. En
  conclusion,&nbsp; plutôt que de s'échiner à chercher d'hypothétiques solutions à des problèmes qui peut-être n'existent pas, on a tout avantage à cherche plutôt inventer les problèmes en fonction
  des solutions qu'on a en magasin.<br>
  <br>
  Exemple : le trou de la Sécurité Sociale. Quelles en sont les causes, les conséquences? Quel est le moyen de le régler une fois pour toutes alors qu'on court derrière depuis plus de 50 ans? Aucune
  importance. Mais voici les remèdes : augmenter les cotisations, diminuer les prestations. Quand au problème appelez-le comme vous voulez, expliquez-le comme bon vous semble : la crise, les
  gaspillages, la mauvaise efficacité des traitements.....<br>
  <br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">5. Le cosmétiser.</span><br>
  Un problème n'est un problème que parce qu'il a mauvaise mine. Dès qu'il retrouve des couleurs, plus personne ne s'inquiète de lui. On&nbsp; utilisera donc deux types de cosmétiques : les chiffres
  et les lettres.<br>
  Avec les lettres on fait des mots qui font des phrases qui font des belles marquises vos beaux yeux me font mourir....Et le problème prend un air badin. Sous les paroles de la ministre de
  l'Économie Christine Lagarde, la récession de 2009 n'est jamais qu'un épisode de "croissante négative". Les aveugles deviennent non-voyants, les handicapés des personnes à mobilité réduite, et les
  cons des malcomprenants. Un sans-abri n'est plus qu'un Sans Domicile Fixe. Comme si on lui avait finalement trouvé un abri mais qu'il s'amusait à en changer tout le temps. Une sorte de jetsetter de
  la mouise. SDF dûment siglé, il entre enfin dans une catégorie administrative ce qui veut dire qu'il existe une réponse appropriée à sa situation. On pourra toujours objecter que ça ne change pas
  grand chose pour lui et que ça ne résout pas son problème. Le sien non, mais celui de l'administration, si.<br>
  <br>
  Et les chiffres. Winston Churchill avait coutume de dire <em>"Il y a trois sortes de mensonges : les petits mensonges, les gros mensonges, et les statistiques".</em> Il n'a pas vécu assez longtemps
  pour connaître le triomphe de&nbsp; la troisième catégorie sous les efforts conjugués de l'informatique et de l'internet. Désormais les statistiques sont à la fois globales, virtuelles,
  cybernétiques et interactives. Elles sont l'oracle absolu. Tout le monde a bien compris qu'il est plus facile de (dé)régler le thermomètre que de soigner la fièvre. Aussi les statistiques du
  chômage, après correction des variations saisonnières finissent-elles toujours par montrer un ralentissement de leur accélération qui n'est pas sans laisser supposer que le pic de l'aggravation est
  peut-être déjà derrière nous et que dans un avenir proche il n'est pas impossible que nous assistions à une inversion de tendance. C'est à dire une accélération du ralentissement, si l'on suit
  bien. Sport national : la côte du président de la République. En septembre 2009 , à 47% d'opinions favorables contre 49% de défavorables, elle est mauvaise (BVA L'Express). Mais, comme on n'y peut
  rien on préférera communiquer sur le fait qu'elle est en hausse de 2% sur l'indice précédent, même si les 2% en question sont entièrement inclus dans la marge d'incertitude correspondant à un
  échantillon de 1000 personnes : 3%. En clair, statistiquement, il ne s'est rien passé. Mais rien, ça ne fait pas une information.<br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <em><b>5 manières de résoudre un problème et tant de problèmes qui restent inachevés. C'est à se demander si on a réellement essayé d'en finir avec eux ou si on s'est contenté de jouer avec.
  Résoudre un problème, l'éliminer, c'est supprimer du même coup sa solution, c'est aussi priver de sa raison d'être celui qui en avait la charge. Aujourd'hui, on ne résout plus les problèmes, on les
  gère. On les entretient. Selon le principe digne du docteur Knock : "souvenez-vous qu'on est là pour vous soigner, pas pour vous guérir".</b></em>]]></description>
        <pubDate>Wed, 23 Sep 2009 17:09:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">bbc76496bb9fa621af1a7714a04a7692</guid>
                <category>Les Essentiels</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-36430143-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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