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    <title><![CDATA[L'Ecologie de l'Information, le blog de Pierre Gandonnière]]></title>
    <link>http://www.gandonniere.com/</link>
    <description>Comprendre l'évolution des médias, 
la révolution du web, 
les médias sociaux. 
Inventer de nouvelles formes de médias, 
de nouvelles pratiques de la communication.
L'approche s'inspire de l'Ecologie de l'Information 
(cf ma thèse)</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
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        <title><![CDATA[L'Ecologie de l'Information, le blog de Pierre Gandonnière]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/</link>
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    <pubDate>Sat, 13 Mar 2010 12:17:51 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 13 Mar 2010 12:17:51 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, Pierre Gandonnière</copyright>            <category>Pro</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Crédébilité des médias 2010 : Analyse]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-credebilite-des-medias-2010-analyse-43816564.html</link>        <description><![CDATA[<div style="font-family: Verdana; font-size: 10pt; background-color: #ffffff; color: #000000; min-height: 1100px; counter-reset: __goog_page__ 0; line-height: normal; padding: 0px; margin: 6px;">
    <div style="margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
      <span style="font-family: Times; font-size: small;"><em><strong>(Non il n'y a pas d'erreur dans le titre, "débilité" veut dire : extrême faiblesse)</strong></em><br></span>
      <div style="margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <span style="font-family: Times; font-size: small;"><img height="359" width="509" src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83/Une-periode-sensible-s-ouvre-pour-les-medias_article_top.jpeg"
        class="CtreTexte" alt="Une-periode-sensible-s-ouvre-pour-les-medias_article_top.jpeg"><br></span>
        <div style="text-align: justify;">
          <span style="font-family: Times; font-size: small;"><em><strong>L'étude de crédibilité des médias vient de tomber. Un travail piloté chaque année par La Croix-TNS Sofrès. Les tendances
          lourdes s'accentuent, la TV s'enfonce, la radio se maintient, la presse meurt lentement mais en bonne santé, l'internet progresse. Mais avant d'examiner les résultats, quatre remarques
          préalables</strong>.&nbsp;</em></span>
        </div>
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <span style="font-size: 14pt;"><strong><em>1.</em></strong></span> On se demande bien comment les enquêtés font pour répondre à la question "les choses se sont passées vraiment ou à peu près
        comme les journaux/ la TV/ la radio/ l'internet le raconte". Ils étaient sur place? Ils peuvent témoigner? Non. Ils se contentent d'un ressenti. Une impression. C'est une simple mesure de
        confiance.&nbsp;
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <span style="font-size: 14pt;"><strong><em>2.</em></strong></span> La question sur l'internet ne veut pas dire grand chose. C'est quoi, l'internet? On y consomme des journaux en ligne, mais
        aussi des blogs, de témoignages directs, des forums, des plateformes vidéo, des sites institutionnels, des encyclopédies en ligne...etc. Comment mettre tout cela sur le même plan? On ne peut
        pas établir de comparaison directe avec les autres médias.&nbsp;
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <span style="font-size: 14pt;"><strong><em>3.</em></strong></span> &nbsp;C'est quoi "les journaux"? On pose la question comme si on était avant l'internet. Aujourd'hui tous les "journaux" qui
        existent en format print ont leur "avatar", leur version web, sous la même marque. Dès lors quand on pose la rubrique "journaux" dans un sondage, est-on sûr que les gens pensent "journaux
        papiers" et qu'ils distinguent rigoureusement "Libération Quotidien papier" et "www.liberation.fr" ? Et si ce n'est pas le cas, comparer les résultats de 2010 à ceux de 1987 (début du
        baromètre) est largement abusif.&nbsp;
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <span style="font-size: 14pt;"><strong><em>4.</em></strong></span> Un des paradoxes de ce baromêtre est qu'on demande à des sondés de s'exprimer sur des médias dont ils ne sont pas
        consommateurs. Si 80% de l'échantillon se déclare client de la télévision pour ce qui est de l'information nationale et internationale, ils ne sont que 37% à consommer du journal papier, cela
        n'empêche pas 100%de l'échantillon de se prononcer sur son degré de confiance dans la presse print.
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong><em>Il est temps maintenant de se pencher sur l'enquête de janvier 2010. Voici quelques observations plutôt déroutantes.<br></em></strong>
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        Derrière les grandes déclarations de satisfecit, en fait <strong>les résultats de confiance sont mauvais et inquiétants.</strong> Dans chaque média on se trouve des raisons de se réconforter
        pour ne pas voir cette évidence. On se dit qu'on ne s'en tire pas si mal. Et puis on s'est tellement habitué à la catastrophe qu'on ne la voit plus.Mais enfin, la quasi totalité des médias
        sont généralement et durablement en dessous de la moyenne. Seule la radio passe régulièrement la barre des 50% et s'y maintient d'année en année (60% en 2010). La presse écrite (N°2), culmine
        à 55 en 2010 mais ses scores sont en dessous de 50 dans les deux tiers des cas &nbsp;depuis 1987. La TV (N°3° n'est pas repassée dans le bleu depuis 2001 et son déclin se poursuit depuis 15
        ans. Le public se montre désabusé. Et critique.
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong>Les médias interactifs s'en tirent mieux que les autres.</strong> La radio parce que son indice de confiance est majoritaire, l'internet parce que, bien qu'encore minoritaire, il
        continue de grimper fortement 23% en 2003, 35 en 2010, malgré la remarque N°2 plus &nbsp;haut. Dans les deux médias, les journalistes s'expriment sous le regard de leur public. La moindre
        erreur, inexactitude, approximation, explication tendancieuse, est immédiatement sanctionnée. A l'inverse, les médias les plus en difficulté sont aussi les plus didactiques, les plus sûr
        d'eux. Ils fonctionnent en mode push, en communication unilatérale, sans contestations possible. On assiste d'ailleurs à une culture divergente à l'intérieur des journaux entre les rédactions
        web, qui apprennent à travailler en interaction avec leur public, et les rédactions print, qui ont bien du mal à sortir de leur position d'autorité, ex cathedra, celle-là même qui est
        contestée.
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong>La TV plombe les scores.</strong> Malgré sa chute de crédibilité la télévision reste la source d'information N°1 de la majorité des sondés (57%, 2,5 Fois plus que le N°2 la radio). On
        peut donc en déduire qu'elle est la principale responsable de la dégradation de l'image du journalisme, parce qu'elle en est la partie la plus visible. Et comme, dans le monde médiatique issu
        du XXème siècle, elle est le média qui mène la danse, c'est elle qui impose l'agenda setting, les thèmes, les images qui vont caractériser les évènements, les autres médias ont tendance à se
        caler sur elle, à se déformer en fonction d'elle. Elle déforme l'ensemble du champ journalistique.
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong>Le politique est ressenti comme le principal ennemi de l'indépendance</strong> des journalistes, 66% des sondés estiment que les journalistes ne sont pas indépendants des pouvoir
        politiques. Là encore, l'effet télévision doit être déterminant. C'est à la télévision que se sacralisent les interviews de 3 minutes, où il ne peut pas y avoir aucune véritable prise en main
        de l'invité. La TV est le média de représentation où l'on vient se montrer et passer ses propres messages, mais pas un lieu d'information contradictoire à propos du politique. Tout ce qui
        apparaît comme une mise une scène du politique dans le média renforce donc ce ressenti d'une collusion être les deux mondes, d'une complaisance.
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong>C'est la crédibilité de l'internaute qui monte.</strong> De 2005 à 200 la confiance dans l'internet a grimpé de 23 à 35%. Presque doublé. Aucun autre média ne fait ça. Soyons clair :
        est-ce parce que pendant cette période période, la fiabilité de l'information s'est améliorée. Je n'en crois rien. Il m'a semble au contraire que l'invasion de rumeurs, bad buz, ragots
        incontrôlés, pures falsifications et approximations douteuses a continué tambour battant. En 2005 l'internet la foirefouille de l'information. Aujourd'hui, c'est pire. <strong>Ce qui a changé
        c'est la compétence des internautes</strong> qui sont de plus en plus nombreux et s'approprient ce média. Ce sont eux qui savent de mieux en mieux trouver l'information fiable dont ils ont
        besoin.
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <span style="font-size: 14pt;">Trois Conclusions provisoires</span>
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong><em>1. Le baromètre est bon pour le recyclage.</em></strong> On comprend bien que le sondeur le conserve à l'identique, s'il en changeait quelque chose, on ne pourrait plus comparer
        les résultats d'une année sur l'autre. Mais Il ne correspond plus à la réalité du monde médiatique. De la même manière que les mesure d'audience par médiamétrie ne veulent plus rien dire à
        l'heure où l'on peut regarder la TV en différé, en VOD, en podcasting, en streaming sur on e-phone, sur internet....
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong><em>2. Nous sortons de l'ère des médias pour aller vers l'ère des producteurs d'info.</em></strong> Ca n'a plus d'importance que les contenus soient diffusés sur papier bientôt sur
        i-Pad?) ou sur internet, ni même par texte, vidéos, son, TV, radio, écrit. la crédibilité des médias va de plus dépendre de la marque du producteur et non pas du mode de diffusion. Il faut
        travailler aujourd'hui sur la crédibilité de la marque : Libération, Le Monde, Bakchich, Rue89, Fance Télévision.....TF1? Les marque devront être capables de produire en plurimédia sans pour
        autant posséder leur canal.
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <strong><em>3. Vive l'hyperjournalisme !</em></strong> Dès qu'elle aura compris qu'il se passe quelque chose à la fois inquiétant et passionnant, la profession commencera à se réinventer vers
        une pratique de l'hyperjournalisme, travaillant avec son public autant que pour lui, dans des espaces, des canaux de diffusion et de temporalités différentes. Ce jour-là, elle regagnera des
        points de crédibilité auprès de ce public-participant.&nbsp;
      </div>
      <div style="text-align: justify; margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;">
        <br>
        <br>
        <div style="text-align: right;">
          <em><span style="font-size: 8pt;">Pierre Gandonnière</span></em>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>

  <meta charset="utf-8">]]></description>
        <pubDate>Thu, 28 Jan 2010 16:26:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-credebilite-des-medias-2010-analyse-43816564.html</guid>
                <category>Médias</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-credebilite-des-medias-2010-analyse-43816564-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pour ou Contre le journalisme participatif? Le CONTRE]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-journalisme-participatif-pour-ou-contre-partie-1-contre-42089104.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div style="text-align: center;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83/260609_102148_PEEL_eNsezp.gif" class="CtreTexte" alt="260609_102148_PEEL_eNsezp.gif">
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <div style="text-align: center;">
      <b><span style="font-size: 24pt;">La "boîte à meuh" de l'information</span></b><br>
      <a href="http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029.html"></a>
      <div style="text-align: right;">
        <a href="http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029.html"></a><a href=
        "http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029.html"></a><a href=
        "http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029.html"></a><a href=
        "http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029.html">(Lire aussi Le POUR)</a>
      </div>
    </div><em>Donné il y a peu comme une révolution dans le monde de l'information, le journalisme citoyen accouche d'une souris. Et elle est grise. Peu de sites ont vraiment fait leurs
    pre</em><em>uves e</em><em>t le journalisme traditionnel, qui s'est cru un temps menacé, s'est aussitôt refermé comme une huître.</em><br>
    <em>On allait voir ce qu'on allait voir. Armé de son smartphone, tout citoyen irait capturer des traces indicielles du réel, une vidéo, une image, un témoignage, et les mettrait en ligne sur
    Youtube ou Dailymotion. Aucun coin du monde ne serait désormais à l'abri du regard de l'information. Plus rien ne resterait dans l'ombre. Les angles morts étaient morts.</em><br>
    <em>Il suffisait de suivre le mode d'emploi. Oh My News, Agoravox proposaient un</em> kit mains libres <em>de journalisme citoyen. Bondy Blog organisait des séminaires de formation à</em> L'Ecole
    du Blog<em>. Le journalisme n'avait qu'à bien se tenir...aux branches, pendant qu'on secouait l'arbre.</em><br>
    <em>Qu'est-il devenu, ce nouveau journalisme quelques années plus tard? Pas grand chose. Il connaît le même destin que les radios "libres" dans les années 80. Elles devaient révolutionner les
    ondes, ouvrir des espaces nouveaux d'expression, faire entendre de nouvelles voix, donner enfin la parole à ceux que les médias traditonnels ignoraient...et quoi? Aujourd'hui d'un côté des
    réseaux purement commerciaux, de l'autre des radios associatives confidentielles et précaires. Tout ça pour ça! Est-ce le destin qui attend le journalisme "citoyen?"</em><br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Le webjournal du "Voleur"</span><br>
    Simple chambre d'écho, les journaux participatifs se contentent le plus souvent de ressasser à l'infini ce qui existe déjà sur la toile. Pendant ce temps là, le webjournalisme se déchire entre le
    canon à dépêches" et la recherche d'informations scoopantes, seules capables de faire vivre un support. Le journalisme participatif, lui, se moque de l'un comme de l'autre. Il se contente la
    plupart du temps de repiquer des infos sur des médias d'information, web, TV, print, radio. Il réinvente le Voleur, premier journal d'Emile de Girardin (1828). Le Post assume même complètement ce
    rôle. Il va jusqu'à conseiller ses posteurs pour éviter le "copié-collé" répréhensible par la Loi. Mais l'essentiel de la production du journalisme participatif consiste en commentaires
    d'actualité où l'opinion de l'auteur barbouille allègrement l'information d'origine. Comme une "boîte à meuh" il multiplie les échos de posts qui racontent à peu près tous la même chose sur les
    sujets qui buzzent. Bien malin qui peut retrouver au milieu de tout cela quoi que ce soit qui ressemble à une information fiable et vérifiée.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Ils n'ont rien appris</span><br>
    Il faut dire qu'on ne leur a rien enseigné. Il n'y a pas eu de transfert de savoir-faire du journalisme professionnel vers le journalisme amateur. Cela n'intéressait pas les professionnels
    encartés, ils y voyaient une concurrence dangereuse. Cela n'intéressait pas tellement les citoyens non plus, d'apprendre. Parce que c'est difficile et exigeant. Tout le contraire de ce qu'on
    cherche sur le net. On préfère cultiver ses propres croyances, ses propres fantasmes, ses propres représentations du monde, on préfère chercher uniquement des confirmations qu'on a bien raison de
    penser ce qu'on pense, plutôt que de se confronter au réel qui pourrait avoir la mauvaise idée de démentir. Soyons juste, le journaliste est soumis à la même tentation. Mais, normalement, il
    s'efforce de s'en détacher. Cela s'apprend.<br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Vive&nbsp; la grande&nbsp; déchetterie !</span><br>
    L'utopie du journalisme participatif a fortement dévalorisé l'activité de journalisme. Il a fait croire que n'importe qui pouvait le faire, qu'il n'y avait pas de règles, pas de méthode, pas
    d'éthique. Que l'opinion et les faits, c'était pareil, qu'un témoignage avait toujours valeur de vérité. Que toutes les traces indicielles du réel se valaient, même le mensonge, la falsification,
    la tricherie et l'erreur. Le net se présente comme un grande dépotoir où chacun publie n'importe quoi à égalité de légitimité. Le vrai et le faux se mêlent. Le sûr et le <em>peut-être</em>. Le
    fanstasme court toujours plus vite que la vérité. A ce jeu là l'information vérifiéee, qui est une tortue, ne gagne jamais la course. Le journalisme n'avait pas besoin de ça. Il est déjà déprécié
    par la précarité, par la remise en cause systématique de sa légitimité par les pouvoirs, par ses propres pratiques plus que jamais discutables. Journalisme vendu, journalisme vengeur, journalisme
    incompétent, menteur, tricheur, sensationnaliste, démagogique. Un métier tombé tellement bas qu'il ne restait plus qu'à rajouter la touche finale : le premier imbécile venu peut en faire autant.
    Tout juste bon à jeter aux équevilles.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Il n'y a pas eu de production nouvelle</span><br>
    C'est tout de même là-dessus qu'on attendait le journalisme participatif. On allait enfin avoir accès à des informations, des thématiques, des regards sur le monde que les médias traditionnels ne
    relaient pas, prisonniers de leurs formatages. La bonne vieille utopie : on nous cache tout, on nous dit rien, la vérité est ailleurs. Mais la réalité est impitoyable : il n'y a pas beaucoup
    d'<em>ailleurs</em>. Pas beaucoup d'informations nouvelles qui passeraient par le journalisme participatif alors qu'elles resteraient bloquées par le journalisme traditionnel. Un peu, mais pas
    beaucoup. Pour la plupart, les informations mises en ligne existaient déjà, militantes ou marginales, sur d'autres supports comme le papier, où elles ne trouvaient pas leur public non plus. Or
    sans audience, une information n'est rien, elle n'informe pas. Il n'existe pas, ou presque, de mine d'informations encore inexplorées qui n'attendrait que le piolet d'un prospecteur
    audacieux.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Le participatif ne marche pas</span><br>
    Encore une grossière illusion. Ce n'est pas parce qu'il existe des sites d'expression libre, des blogs, des forums, des commentaires ouverts, des réseaux sociaux, et des médias "citoyens", que
    l'on est entré dans l'interactif. Le participatif inventé par l'internet, le wiki, fonctionne pour des encyclopédies, de la gestion de bases de connaissances, des ouvrages complexes à vibrations
    basses. Pas pour l'information. Il est encore plus lourd et plus lent à mettre en oeuvre que les méthodes journalistiques. Sur Agoravox, la procédure de validation met tant de temps qu'elle donne
    son Imprimatur une fois que l'information n'intéresse plus personne, parce qu'elle est déjà sortie de l'actualité. Il n'y a dons pas réellement de co-production. Mais d'un côté des producteurs
    fous qui mettent en ligne sous le seul régime de leurs impulsions et de l'autre des consommateurs boulimiques qui se servent de leur souris comme d'une cuilllère à potage. Les uns courent après
    les autres, et plus ils courent vite, et plus ce après quoi ils courent n'est pas du journalisme (<em>C'est fait exprès, cette dernière phrase est là pour obliger à ralentir)</em><br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Pas de ligne éditoriale à l'horizon</span><br>
    Chacun peut apporter son manger, c'est un pique-nique géant. Mais comme il n'y a pas d'organisateur, tout le monde arrive avec des entrées, ou bien tout le monde arrive avec des desserts. Il y
    aura 200 tartes aux pommes au menu. Ce qui fonde l'ossature d'un journal, c'est sa formule éditoriale, son projet qui définit quel champ de l'actualité il va couvrir et comment. C'est sa ligne
    directrice, on ne part pas dans tous les sens. Au contraire, le journalisme participatif est un vaste bric à brac. Il ne sait pas ce qu'il fait et il ne sait pas où il va. Aucun de ces journaux
    n'a réellement de formule identifiable pro-active et opposable. Or, sur le net, l'identité conditionne la survie.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Les négriers du bénévolat sont dans le colimateur</span><br>
    Pendant combien de temps les internautes vont-ils accepter de fournir gratuitement des contenus à des éditeurs qui font du business avec ? Soit on est dans le <em>copyright,</em> et les droits
    d'exploitation doivent être rémunérés. Soit on est dans le <em>copyleft,</em> on diffuse librement ce qu'on veut, mais sans exploitation commerciale. Vivre du travail gratuit des autres est une
    forme moderne d'esclavage, même s'il est consenti. Partout les contributeurs gratuits se découragent, sauf les indécourageables, ceux qui seraient devenus de toute manière militants....ou
    journalistes. On n'a donc rien gagné. Si le journalisme participatif ne trouve pas rapidement le moyen d'intéresser et de fidéliser des contributeurs réellement nouveaux, il est condamné à
    revenir toît ou tard à la case départ : celle d'un journalisme professionnel fait par des professionnels.
  </div><br>
  <br>
  <div style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 8pt;"><em>Pierre Gandonnière<br></em></span>
  </div><br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Sat, 02 Jan 2010 11:57:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-journalisme-participatif-pour-ou-contre-partie-1-contre-42089104.html</guid>
                <category>Médias</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-journalisme-participatif-pour-ou-contre-partie-1-contre-42089104-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pour ou contre le journalisme participatif? Le POUR]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div style="text-align: right;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83/wonderwoman-2.jpg" class="CtreTexte" alt="wonderwoman-2.jpg"><a href=
    "http://www.gandonniere.com/article-journalisme-participatif-pour-ou-contre-partie-1-contre-42089104.html"></a><br>
    <div style="text-align: justify;">
      <b><span style="font-size: 18pt;">La presse citoyenne va-t-elle sauver le journalisme ?<br></span></b>
    </div><b><a href="http://www.gandonniere.com/article-journalisme-participatif-pour-ou-contre-partie-1-contre-42089104.html">(Lire aussi Le CONTRE)</a></b>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <em>Dans le grand bazar du web naissent peu à peu de nouvelles formes de presse, le journalisme participatif en est une. On peut choisir de regarder ce qui ne va pas. Ou décider de se centrer sur
    ce qui est intéressant. Le journalisme participatif est en marche on ne sait pas jusqu'où, mais la route qu'il a tracée ne s'effacera pas. Oh My News est un vrai succès, c'est même un modèle,
    malheureusement pas exportable. Agoravox s'améliore. Il commence à comprendre la nécessite d'une formule. Le Post se cherche encore. Il a réussi quelques scoops. Il rencontre un vrai succès
    auprès du public. Bondy Blog continue de progresser de manière étonnante, plus professionnel, plus journalisitique chaque semaine, sans rien perdre de son originalité. L'information à 3 voix de
    Rue 89 est un leurre, mais sait-on jamais....</em><br>
    <br>
    <em>Il emerge, qu'on le veuille ou non. Au milieu du grand capharnaüm du web. Mal, peu et en vrac, mais il émerge quand même. Bien sûr, si l'on en coryait les prophéties des derviches tourneurs
    des NTIC cela aurait dû être une révolution qui marche toute seule. Encore une.Mais il n'y a pas eu de génération spontanée. Quelle surprise ! Déjà le 7 avril 1864 dans une conférence célèbre
    donnée à la Sorbonne, Pasteur démontrait que les souris ne naissent pas spontanément d'un tas de chiffons moisis, pas plus que les micro-organismes ne surgissent spontanément d'une hypothétique
    "poussière fertile" ou gelée féconde". Il leur faut des germes, un bouillon de culture, des conditions viables, et un peu de soins. Il n'y a pas de génération spontanée dans le journalisme non
    plus. Le participatif surgit là où on se donne la peine de le cultiver. Et les mieux placés pour le faire restent les journalistes. Encore faut-il qu'ils y trouvent un intérêt. Voire plusieurs
    :</em><br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Redonner de la crédibilité au journalisme</span><br>
    Partager les savoir-faire journalistiques, c'est permettre au public de mieux comprendre comment&nbsp; l'information se construit, quelles sont ses forces, ses limites. C'est éviter bien des
    malentendus entre producteurs et consommateurs d'information, bien des querelles inutiles. Adopter un langage et une culture communes. Permettre au public de construire des critiques argumentées
    et non pas basées sur des j'aime - j'aime pas. C'est l'aider à distinguer ce qui est information et ce qui ne l'est pas. Paradoxalement cela renforce la position des journalistes davantage que ça
    ne l'affaiblit. C'est accepter de travailler sous le regard critique de l'autre et non plus dans la tour d'ivoire du journaliste-qui-sait. C'est restaurer la confiance.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Sortir du "canon à dépêches"</span><br>
    De plus en plus souvent le métier de journaliste consiste à reprendre (en les enrichissant?) des dépeches d'agence. On n'a plus le temps ni le moyens d'aller sérieusement sur le terrain. Les
    sources d'information sont donc les mêmes pour tout le monde, le mode de traitement aussi. A quoi sert-il alors d'avoir plusieurs médias? Pourquoi les "lecteurs" accepteraient-ils de payer pour
    une information qu'ils trouvent partout gratuitement ? Avant la création de la première agence d'information en 1835 (Havas, devenue AFP), un journal puisait sa force dans son réseau
    d'informateurs. Le journalisme participatif lui permet de retrouver ce pouvoir. Par la même occasion, on en profitera pour échapper à l'agenda setting, ce calendrier des évènements
    "incontournables" imposés de l'extérieur et dans lesquels on trouve tant de manifestations purement médiatiques, d'anniversaires et de commémorations&nbsp; totalement artificielles et
    autopromotionnelles.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Se détacher des attachés de presse</span><br>
    Coincé au desk, entre les dépêches d'agence et les communiqués des services de relations presse, le journaliste a de plus en plus de mal à conserver ses marges de manoeuvre, à décider lui-même ce
    qui est intéressant à traiter. Se démultiplier à travers les citoyens-journalistes lui permettrait d'échapper à cette emprise. Quitte à relater un évènement en passant par un intermédiaire, le
    témoignage d'un internaute vaudra toujours mieux que le dossier de presse d'un professionnel de la communication.<br>
    <span style="font-size: 14pt;"><br>
    Se construire une communauté</span><br>
    A l'ère du web, pas de réseau social sans média, pas de média sans réseau social. Le internautes ne sont pas seulement des consommateurs. Avec une vraie implication pour produire, compléter,
    critiquer, commenter l'information, ils participent complètement à la construction du contenu. Ils permettent aussi une sorte de marketing éditorial permanent pourvu qu'on veuille bien les
    écouter et les entendre. La communauté n'est pas la clientèle du "journal", elle EST le journal. A l'heure où les internautes sont volatiles et les lecteurs-téléspectateurs encore bien plus,
    construire et cultiver une communauté de lecteurs-participants est un enjeu stratégique majeur. Pourvu qu'on ne considère pas les consommateurs-lecteurs comme des fatsfoodeurs à gaver. Et des
    producteurs gratuits de contenus comme des esclaves dans un champ de coton.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Déformater les pratiques du journalisme</span><br>
    Toutes les critiques portées au journalisme ne sont pas dénuées d'intérêt. Et pourtant, même si la profession fait semblant de les accueillir, le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'en fait pas
    grand chose. Ses pratiques ne changent pas. Comme toute forteresse assiégée, elle se défend en préservant ses acquis. Le formatage dans les école de journalisme continue. On fait de moins en
    moins confiance à l'exorecrutement. Les mêmes milieux professionnels passant par les mêmes écoles produisent les mêmes journalistes. Enfin du nouveau ? Peut-être serait-il temps de faire entrer
    le loup dans la bergerie...sinon c'est l'esprit moutonnier qui triomphera.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;">Regagner son indépendance</span><br>
    Voilà bien l'enjeu principal auquel le journalisme participatif peut concourir. Soumis aux pressions des pouvoirs en place, le journalisme n'a plus, comme au XXème siècle, le monde économique sur
    lequel s'appuyer. L'économique est un pouvoir, est LE pouvoir. S'il ne veut pas être asservi, passer sous les fourches caudines du politique et de l'économique, être à la remorque de leurs
    stratégies de communication médiatique, le journalisme ne peut s'appuyer que sur le public. C'est auprès de lui seulement qu'il peut trouver assez de force pour résister aux critiques et aux
    tentatives de déstabilisation. Assez de marges de manoeuvre pour décider de ce qui mérite d'être traité et comment. Pour imposer son propre agenda setting. C'est aussi auprès du public qu'il
    trouvera le nouveau modèle économique sans lequel il ne saurait survivre.<br>
    <br>
    <div style="text-align: right;">
      <em>Pierre Gandonnière<br></em>
    </div><br>
    <br>
    <br>
  </div><br>]]></description>
        <pubDate>Fri, 01 Jan 2010 19:09:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029.html</guid>
                <category>Médias</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-pour-ou-contre-le-journalisme-participatif-le-pour-42152029-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La Communication d'entreprise au temps des réseaux (Partie 1)]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-la-communication-d-entreprise-au-temps-des-reseaux-partie-1--40468945.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83/tf1_pub_2.jpg" class="CtreTexte" width="300" height="196"><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/06/33/83/ComR-seauxW.doc">"La Communication au
  temps des réseaux "</a> est&nbsp; téléchargeable ici (Word)<br>
  <span style="font-size: 24pt;">1ère Partie&nbsp; : les malheurs de la Pub</span><br>
  <br>
  Y'a-t-il une vie après la publicité? Il faut l'espérer car elle va mourir. Du moins sous sa forme actuelle.&nbsp; La communication d'entreprise n'aura même pas le temps de la pleurer, elle se sera
  déjà jetée dans les bras d'un autre, de plusieurs autres, même. Ce n'est pas la première révolution que connaît la communication&nbsp; commerciale. Dans les années 20, Marcel Bleustein-Blanchet la
  fait passer de la réclame à la publicité. Il invente la scénarisation, les gimmicks, les ritournelles qui vont avec la radio ludique qu'il est en train de créer, Radio Cité. Il crée la forme qui va
  avec le nouveau média dominant : la radio. A la fin des trente glorieuses, Séguéla se fait le chantre d'une nouvelle forme de publicité. On est sorti d'un marché d'équipement&nbsp; pour aller vers
  un marché de renouvellement. Il ne s'agit plus de dire : je suis un nouveau produit, un Frigidaire,&nbsp; achetez-moi. Mais : je suis mieux que votre ancien modèle, remplacez-le. On est entré dans
  l'ère de la séduction publicitaire. Le Rire, le Rêve,le Risque, telle est la sainte trinité vue par le nouveau pape. Il faut faire aimer la pub, la faire accepter après Mai 68 qui a tant décrié la
  société de consommation. La faire percevoir comme une création à part entière, une activité pseudo artistique, un divertissement comme un autre pour le public. Le Nuit des Publivores réunit
  d'ailleurs tous ses afficion-ados mal grandis qui continuent de l'aimer candidement. Séguéla, c'est l'ère de la TV dominante. L'arrivée de l'internet est-elle une simple évolution d'adaptation au
  même titre que les précédentes ? Non. Pour la comprendre, il faut revenir avant le temps de la publicité, avant&nbsp; la réclame, revenir avant même son ancêtre : l'annonce dans les journaux, avant
  les journaux.<br>
  <br>
  Jusqu'au XIX ème siècle, on ne parlait pas d'image de marque, mais de réputation. Un producteur, maître artisan, était connu et reconnu pour la qualité de son travail. Il fallait plusieurs années,
  voire plusieurs générations, pour se constituer une telle réputation, bonne ou mauvaise, ou plutôt : pour que cette réputation se constitue, car on n'en était que l'objet, pas le sujet. La renommée
  se propageait à travers deux réseaux. Celui des pairs, des professionnels, des corporations (avant la Loi Le Chapelier, mars 1791).&nbsp; Le Tour de France des Compagnons y jouait un rôle
  déterminant puisque l'information circulait essentiellement à dos d'homme. Le second réseau était déterminé par la clientèle, il se structurait selon les clivages de la société de l'époque, il en
  reproduisait les classes sociales. Il valait mieux être fournisseur du roi que du bailli. Elle pouvait s'entendre géographiquement jusqu'aux portes de la ville, dans tout le royaume, ou jusqu'à la
  cour de Russie.<br>
  L'arrivée de&nbsp; la presse populaire de masse au XIXème siècle, puis des mass médias au XXème, va ruiner ce système des réputations&nbsp; construites « naturellement ». Désormais, par une simple
  annonce parue dans un journal, un producteur peut se faire connaître instantanément du public, bien davantage et plus largement qu'un simple artisan qui aurait mis des années à construire sa
  notoriété. Pire, la notoriété vient supplanter la réputation. Or, elle est vide de sens, sans contenu. Pire encore, dans le système de réputation, ce sont les autres qui disent ce que je suis, qui
  évoluent mes qualités selon des critères qui sont les leurs. Avec l'annonce, il chante lui-même ses propres mérite. Les artisans de l'époque vivent très mal ce qu'ils prennent pour une véritable
  mystification. Pour eux, cette forme de communication est une imposture. Elle falsifie la relation entre producteur et consommateur. C'est déjà la porte ouverte à la publicité, y compris dans ses
  formes les plus pernicieuses et trompeuses.<br>
  <br>
  Les mass médias vont renforcer encore l'impact de la publicité, d'abord avec la radio, qui lui apporte l'impression de proximité que donne la voix humaine, puis la télévision qui dominera le jeu
  grâce à la force de l'image.&nbsp; Les 7 forces de la publicité sont en train de devenir ses 7 faiblesses.<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><b><span style="font-size: 24pt;">1&nbsp;</span></b></em>
  </div><b>Le public est traité comme une cible.</b> La commucation est unidirectionnelle. On adresse un message à des interlocuteurs qui n'ont pour toute réponse que l'acte d'achat ou non. Le terme
  de cible indique d'ailleurs que les récepteurs ne sont que zones à bombarder de messages, c'est du vocabulaire militaire, celui qu'on utilise pour les frappes « chirurgicales ». Le public est
  réduit à sa dimension de consommateur, aux seules caractéristiques susceptibles de déclencher un acte d'achat. Tout l'enjeu de la publicité est de produire cet effet. Pour y parvenir, elle fait
  appel aux besoins primaires et les détourne de leur fonction. Elle cherche à descendre le seuil de conscience de ses cibles le plus près possible du niveau purement instinctif, réflexe.<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><b><span style="font-size: 24pt;">2</span></b></em>
  </div><b>La force de la publicité repose sur la force des médias</b>. Ceux du XXème siècle vont grandement servir servir ses intérêts. Ce sont des médias de diffusion avec une source unique qui
  arrose une cible de masse avec des messages standardisés. Le dispositif médiatique comme le contenu qu'il véhicule sont destinés à induire et à entretenir cette relation de dépendance passive (voir
  <a id="chxu" title="Le Vertige du Miroir" name="chxu" href="http://www.gandonniere.com/pages/Le_vertige_du_miroir_comment_la_television_piege_le_telespectateur-1708682.html">Le Vertige du
  Miroir</a>). La consommation de masse va donc aves les médias de masse, la massification des messages et donc leur standardisation, qui correspond à la standardisation des produits industriels. On
  n'adapte pas les produits aux attentes du public, on adapte les goûts du public à ce que l'industrie est capable de produire en masse. La publicité est chargée de ce travail.<br>
  <span style="font-size: 24pt;"><br></span>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 24pt;"><em><b>3</b></em></span>
  </div><b>Les règles du jeu sont devenues hétéronormées.</b> Dans l'ancien système, le jeu des réputations se construisait sur relation directe entre producteurs et consommateurs : production de
  qualité → reconnaissance de la qualité de la production. Dans le système communicationnelle, la réputation n'est pas corrélée à la qualité ni à la satisfaction qu'on en retire, mais à la force de
  la pression médiatique. Le jeu est aux mains de professionnels de l'intermédiaire. Leurs productions médiatiques se sont autonomisées, elles répondent à leurs propres règles et modes de
  fonctionnement qu'ils imposent aux producteurs économiques, mais aussi politiques et sociaux. Le jeu échappe aux acteurs réels, ceux qui sont concernés directement par la communication, il est aux
  mains des médias. Les acteurs sont devenus objets de la communication dont ils sont supposés étre les sujets. C'est ce qui explique les distorsions et les conflits entre l'image médiatique
  construite et la réalité.<br>
  <br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><b><span style="font-size: 24pt;">4</span></b></em>
  </div><b>La communication publicitaire est&nbsp; soumise à la&nbsp; domination du marketing.</b> Celi-ci prétend représenter les besoins des clients-consommateurs. Or il n'en connaît au mieux que
  les mesures qu'il en fait. Et encore ! Faudrait-il en effet que les besoins pré-existent à leur prétendue révélation par le marketing, ce qui n'est vrai, au mieux,&nbsp; que pour les marchés de
  renouvellement.&nbsp; Le marketing ne peut mesurer ce qui est en train d'émerger, ce qui va emerger, ce qui est à inventer, c'est à dire qu'il ne sait rien des marchés à conquérir, il n'aide pas à
  voir l'avenir, il n'est qu'un rétroviseur. Il gouverne les suiveurs, pas les pionniers. Comme les sondages d'opinion, il mesure beaucoup moins&nbsp; les attentes du public qu'il ne la fabrique en
  produisant des modèles et en les rendant publics.&nbsp; Là où la communication pub est un détournement de la représentation du producteur ou de ses produits, le marketing est un détournement de la
  représentation du consommateur et de ses besoins.<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><b><span style="font-size: 24pt;">5</span></b></em>
  </div>Sous prétexte d'efficacité, <b>la publicité réduit toute communication à une formule</b> abrupte de type : USP (Unique Selling&nbsp; Proposal) : avantage distinctif qui fait vendre. Il s'agit
  d'appuyer sur un levier unique qui serait LA motivation d'achat. Un seul. Car proclame-t-on, "aucune annonce n'est assez grande pour contenir deux messages". Et cet avantage doit être distinctif,
  il doit permettre de se démarquer de la concurrence, de la supplanter, fut-ce en faisant appel à des qualités purement imaginaires. La publicité va jouer un rôle déterminant pour faire apparaître
  des différences d'image entre des produits standardisés que rien de permettrait de distinguer sinon. La rhétorique professée par Madison Avenue, La Mecque de la pub, repose sur une équation binaire
  : promesse/support de promesse.&nbsp; Tel médicament supprime le mal de tête rapidement grâce à l'ibuprofène. A peu près personne ne sait ce qu'est l'ibuprofène et bien peu seraient capables de
  l'orthographier, mais la formule marche quand même. La logique apparente d l'argumentation n'est donc que pure illusion. Tout fonctionne dans l'imaginaire. En fait, l'argument "ibuprofène" joue le
  rôle d'une formule magique.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 24pt;"><br></span>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 24pt;"><em><b>6</b></em></span>
  </div><b>D'autorité, la communication a remplacé l'information</b>, décidant que seuls devaient être rendus publics les aspects du message qui servent les intérêts commerciaux de l'annonceur, et
  encore, sous une forme euphorisante. Elle a décide que le consommateur n'avait pas à être informé sur le produit qu'il achète. Mais qu'en est-il réellement des besoins du client? Cette forme de
  communication onirique et hyperbolique correspond-elle à ce qu'il souhaite? On ne le saura jamais. Une pub chasse l'autre, il n'a même pas le temps de se poser la question. Toutefois, à y regarder
  de près, la tendance ne va pas du tout dans le sens de la publicité, du moins du côté consommateur. C'est sous la pression des organisations que les étiquettes s'enrichissent d'année en année,
  d'informations réclamées par les consommateurs, au grand dam des publicitaires qui trouvent que cela ne fait pas très glamour et&nbsp; s'intègre difficilement au design de leurs packaging. Toutes
  les informations qui sont aujourd'hui portées à sa connaissance sur les étiquettes ont été arrachées de haute lutte par la pression des consommateurs. Sous la pression du public encore que les
  pratiques de la publicité se "moralisent", qu'on revient sur les représentations d'hommes et de femmes idéalisés pour s'appuyer de plus en plus sur des acteurs qui ressemblent à "des vrais gens".
  Comme si peu à peu le vernis craquait. Et révélait qu'en matière de communication commerciale, les attentes du&nbsp; public sont fortement en décalage par rapport à l'idée que s'en font les
  professionnels.&nbsp;<br>
  <br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 24pt;"><em><b>7</b></em><br></span>
  </div>Parvenus au sommet de son art, <b>la publicité est désormais capable de vendre de l'image pure</b>, elle se vend elle-même, elle fait la publicité de la publcité, le produit n'est plus qu'un
  prétexte, un produit dérivé du spectacle publicitaire. Cette déréalisation, cette fictionnalisation du réel, atteint aujourd'hui ses propres limites. Comme le monde journalistique a réussi à
  construire une réalité médiatique cohérente, qui fait écran au réel et s'en est largement autonomisé (voir <a id="knnq" title="La Construction médiatique de Vaulx-en-Velin" name="knnq" href=
  "http://www.gandonniere.com/pages/Ma_These_La_construction_mediatique_de_VaulxenVelinpour_une_ecologie_de_linformation-1708737.html">La Construction médiatique de Vaulx-en-Velin</a>), le monde
  publicitaire a construit une pseudo-réalité cohérente mais virtuelle où les représentations de produits et des entreprises se confrontent dans un ailleurs, un espace-temps médiatique qui obéit à
  ses propres règles.<br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Wed, 02 Dec 2009 22:08:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-la-communication-d-entreprise-au-temps-des-reseaux-partie-1--40468945.html</guid>
                <category>Communication d'entreprise</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-la-communication-d-entreprise-au-temps-des-reseaux-partie-1--40468945-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La communication d'entreprise au temps des réseaux (Partie 2)]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-la-communication-d-entreprise-au-temps-des-reseaux-partie-2--40322137.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83//residsvg-0afc4.jpg" class="CtreTexte" width="300" height="218"><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/06/33/83/ComR-seauxW.doc">"La
  communication au temps des réseaux"</a> est téléchargeable ici (Word)<br>
  <span style="font-size: 24pt;">2ème Partie : les cigales redeviennent fourmis</span><br>
  <br>
  Les médias traditionnels ont instauré le pouvoir des médias. Pas le pouvoir qui réside dans le média lui-même mais le pouvoir qui s'exerce à travers le média. A commencer par le premier d'entre eux
  : le pouvoir de renvoyer au pouvoir, une image de sa toute puissance dans laquelle il aime se mirer. Le média, et principalement la télévision puisqu'ellle met en image le pouvoir, fonctione comme
  le miroir de la Reine, dans Blanche Neige. Et voici la pomme. L'internet n'est pas seulement un nouveau média qui prend la succession des plus anciens, pas seulement une révolution de palais dans
  le monde médiatique, un nouveau monarque chassant l'autre, pas seulement un réaménagement du système, c'est un changement du système lui-même. L'internet est le média des médias, le méta-média et
  même l'Archimédia dont un des principes s'énonce : "tout corps plongé dans l'internet devient de l'internet". Il aspire, engloutit, déconstruit, reconstruit tous les autres médias. Il bouleverse
  aussi les modes de production et de distribution, les modalités d'échanges. Il change les êtres et les choses, les entités, leurs identités, leurs contours, leurs géographies, leurs territoires. Là
  où la communication publicitaire s'appuyait sur des modèles à deux dimensions (source/cible), quand ce n'était pas une seule (cause → effet), dans l'internet on en compte 5, ce qui devrait donner
  en bonne logique 7 points cardinaux, au lieu de 4 sur une Terre plate.<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><span style="font-size: 24pt;">1</span></em>
  </div><b>On repasse de l'image à la réputation.</b> Dans l'internet, <em>ce que tu es</em> parle plus fort que <em>ce que je dis</em>. Et les réputations se font par les pairs. Je ne peux pas
  m'autoproclamer héros ou héraut d'une cause si je ne suis pas accepté et reconnu comme tel par la communauté à laquelle je m'adresse. Fini le temps où il suffisait d'investir les médias de pouvoir
  et d'attendre qu'ils vous imposent. Frédéric Lefebvre en sait quelque chose, son profil twitter vient d'être exécuté proprement&nbsp; par les internautes pour comportement indésirable. Ce n'est pas
  un hasard si l'on voit aujourd'hui autant de réactions hostiles&nbsp; de petits marquis des médias traditionnels, habitués à la déférence qui y règne et&nbsp; à la non-contradiction. Ils voudraient
  contrôler l'internet pour retrouver une partie du pouvoir illusoire qu'ils avaient dans les médias traditionnels. Il ne supportent pas l'irrespect&nbsp; et la liberté qu'ils rencontrent sur le web
  et préféreraient le voir museler plutôt que de s'efforcer de gagner son respect. Ils ne supportent pas les contrepouvoirs. Il faudra bien qu'ils s'y habituent. Le clivage entre pouvoir et
  contrepouvoir est déjà dépassé. Et le règne du contrôle se finit. Vat-il mieux tenter de contrôler l'océan par des règles ou apprendre à naviguer dessus ?<br>
  La nouvelle communication va se construire par un jeu beaucoup plus équilibré entre <em>image émise</em> et <em>image perçue</em>, un jeu de co-construction où le public joue un rôle au moins à
  égalité. Le poids du média sera beaucoup moins fort, celui des artefacts publicitaires aussi. On devra rester plus proche de la réalité telle qu'elle fait consensus dans l'auditoire, dégonfler la
  réalité virtuelle construite par le système médiatico-publicitaire. La gestion de l'e-réputation demande une grande vigilance. Le contrôle n'est plus aux mains d'un seul, mais aux mains d'une
  communauté.&nbsp; Il repose davantage sur l'usage,&nbsp; l'ethique partagée que sur la réglementation. Respect envers soi-même, envers son public, et même envers ses concurrents.<br>
  <span style="font-size: 24pt;"><br></span>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 24pt;"><em>2</em></span>
  </div><b>Pathé Marconi est mort.</b> Dans ses anciennes publicités, on voyait un chien tendre l'oreille et toute la tête avec, dans le pavillon d'un gramophone. La Voix de son Maître.&nbsp; Mais la
  parole n'est plus univoque, ni sans appel. Il n'y a plus de maître. Chaque phrase est redevenue une « proposition » dont l'interlocuteur s'empare pour l'accueillir, la contester, la transformer, la
  détourner, la partager avec son réseau. Les « vérités » se construisent à plusieurs. Il devient très difficile de mentir, ou de tricher sur internet. Du moins&nbsp; ne le fait-on pas impunément.
  Les grosses ficelles de la communication politique ou publicitaire font long feu. La puissance des communicants n'est rien au regard de celles des communautés. Tout acteur qui chercherait à
  s'imposer par la force engendrerait une poussée verticale inverse de même force, qui tendrait à le rejeter. Encore une application du principe d'Archimédia. Rien n 'est plus dangereux que de
  vouloir exercer un pouvoir pyramidal de domination. Cela marchait dans le monde d'avant, celui des médias à diffusion, c'est à dire à circulation unilatérale. Dans les médias interactifs, la base
  de la pyramide peut à tout instant faire sauter le sommet en renvoyant les tirs dans l'autre sens. Le pouvoir d'un seul est plus dangereux pour lui que pour les autres. Dans les réseaux, la
  communication ne peut être que communautaire.<br>
  La nouvelle communication repose sur l'équilibre, qui a quelque chose à voir avec l'harmonie. Avec la polyphonie plutôt que la Voix de Son Maître. <em>Ce qu'on dit de moi</em> compte autant que
  <em>ce que j'en dis moi-même</em>. Il s'agit de faire en sorte que tout cela résonne, trouve son point d'accord. Il va donc falloir que les entreprises acceptent que chacun puisse venir participer,
  jouer sa partition, y compris lorsque ce n'est pas agréable à l'oreille, comme les critiques. Plutôt que de chercher à les faire taire, les organisations devraient se rendre compte de toute la
  richesse qu'elles représentent, de toute la masse d'informations qu'elles recèlent sur les attentes du public. Il ne s'agit donc pas d'éliminer les voix discordantes mais au contraire d'écouter, et
  d'opérer les réglages nécessaires sur l'instrument pour que la musique trouve son harmonie. C'est évidemment difficile à accepter, il faut renoncer au désir de toute puissance, à la tentation
  d'imposer une image par la force médiatique, aller au contraire vers une image de compromis, la construction sans cesse remise en cause d'une image "réelle" prise entre une <em>image voulue</em>
  par l'acteur et une <em>image ressentie</em> par le public.<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><span style="font-size: 24pt;">3</span></em>
  </div><b>Les médias <em>push</em> sont <em>down</em></b>. Les médias <em>pull</em> sont <em>up</em>. Mais surtout les médias interactifs sont <em>in</em>, et c'est beaucoup mieux. Le pouvoir de TF1
  reposait sur sa capacité à dominer un vaste auditoire et à lui imposer ses messages. Paradoxalement, pour que les messages s'imposent facilement, il faut qu'ils soient quasiment vides de contenu.
  Il faut simplement occuper le canal qui assure le lien de dépendance, le remplir avec du rien, de la junk food. Il ne faut pas que quelque chose puisse déclencher une quelconque réaction chez le
  récepteur. Dans un média&nbsp; de type communautaire, aucun acteur ne s'accapare le rôle de producteur exclusif, aucun n'a le pouvoir de réduire l'autre à un simple rôle passif de récepteur, de
  lecteur, ou de spectateur. Communiquer suppose de prendre en compte l'écosystème dans lequel on se situe, <em>On Line</em> comme <em>IRL</em>. Chercher à y occuper une place qui soit acceptée.
  Jouer un rôle dans le système d'échanges qui paraisse équitable à tous les autres acteurs. Prendre en compte leurs attentes, s'y adapter, y répondre. La moindre tentative de prise de contrôle, de
  manipulation ou de falsification,&nbsp; s'expose à être immédiatement sanctionnée. Tout est média. On ne communique plus avec des "chargés de com", mais à travers des écosystèmes communicants ou de
  geekoms. Chaque acteur est tour à tour producteur, consommateur, transformateur, diffuseur, destructeur. L'acteur communicant va devoir se décentrer, s'investir, s'immerger dans les mondes où il
  veut exister. Il n'y jouera pas seulement le rôle qu'il avait l'intention de jouer mais aussi celui qu'on attend de lui.<br>
  <br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><span style="font-size: 24pt;">4</span></em>
  </div><b>Le commerce viendra plus tard.</b> Non pas que la raison économique n'ait plus lieu d'être. Au contraire, toute entreprise doit trouver son modèle économique si elle veut survivre. Mais
  l'intention immédiatement commerciale, la recherche du profit immédiat, l'intéressement trop flagrant sont perçus négativement sur les réseaux. La règle est au contraire : il faut donner pour
  recevoir. La où la publicité affiche des intentions ouvertement mercantiles, les relations sur internet reposent sur un juste équilibre entre le gratuit et le payant (d'où l'absurdité de la Loi
  Hadopi). Beaucoup des propositions des acteurs sont désintéressées, elles servent à constuire et à entretenir le réseau dans lequel on se trouve, à le nourrir. Il est donc naturel que chaque acteur
  consacre gratuitement une partie de son énergie et de son travail à&nbsp; la communauté, d'autant qu'il bénéficie lui aussi de ce que la communauté met à sa disposition, gratuitement. Dans la
  nouvelle communication d'entreprise, la communauté est sollicitée, elle a ses propres systèmes d'échanges et de production de contenus, indépendamment des acteurs économiques qui la soutiennent. Il
  est donc indispensable que les entreprises interviennent pour aider et soutenir ces réseaux, ces communautés qui leur sont liées, gratuitement, sans chercher à se les approprier. La rentabilité de
  l'opération viendra en son temps, comme conséquence directe de cette implication des acteurs économiques. Elle ne peut pas être un préalable.<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><span style="font-size: 24pt;">5</span></em>
  </div><b>L'interne et l'externe vont s'interpénétrer.</b> Dans le schéma classique des organisations, les communications interne et externe sont distinctes, elle relèvent de services, et souvent de
  directions, différents. Et pourtant on leur demande d'être en bonne intelligence. Mais dans les réseaux, intérieur et extérieur se mêlent (voir Systèmes&nbsp; et Réseaux). Les services de
  communication vont donc être conduits à se trouver de nouvelles formes d'organisation, peut-être même n'y aura-t-il plus de « services de communication » au sens strict. Mais des écosystèmes jouant
  un rôle dans la communication, des communautés internes et externes, avec des acteurs internes pouvant intervenir sur des communauté tournées vers l'extérieur et inversement.&nbsp; Ce ne sera pas
  sans conséquences sur l'organisation structurelle de l'ensemble de l'entreprise, par exemple l'effacement des frontières hiérarchiques et fonctionnelles. Les modalités de&nbsp; la communication
  vont s'en trouver sensiblement bouleversées. L'exigence de transparence venue de l'extérieur va se manifester en interne, les libertés d'expression, les régimes de vérité, les marges d'autonomie
  des acteurs vont bien devoir s'harmoniser entre interne et externe. La démocratie ne pourra plus s'arrêter aux frontières de l'entreprise, même si les entreprises n'en deviennent pas des
  démocraties. Autant dire que les méthodes de management des gestionnaires n'ont pas fini de vole en éclat.<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <em><span style="font-size: 24pt;">6</span></em>
  </div><b>Nous n'avons pas les mêmes valeurs.</b> Dans le régime des médias traditionnels, le producteur à fort pouvoir communiquant imposait ses propres valeurs à un public, en fonction de ce qu'il
  cryait en connaître par ses « études de marché ». Dans le monde des réseaux, on n'impose pas, on propose. Nul ne peut communiquer s'il ne prend en compte les communautés. Ce ne sont plus les
  valeurs du producteur qui sont dominantes. Ce sont celles des communautés qui vont finir par s'imposer. Et on n'a pas fini d'être surpris. Les consommateurs veulent savoir ce qu'on leur vend. Leurs
  exigences d'information, de transparence et de traçabilité viennnent heurter de plein fouet les belles images idéalisées dont se contentent les publicitaires. La communication d'entreprise va
  devoir s'orienter davantage vers l'écoute du public et la recherche de réponses adaptées à ses demandes, plutôt que vers la création publicitaire onirique au service d'une entreprise de séduction.
  Et ce n'est qu'un début. L'échelle des valeurs dans le grand public se transforme profondément sous les coups des crises économiques et écologiques. Le développement durable, le commerce équitable
  sont deux des valeurs montantes de ce siècle. Elles se traduisent par des exigences de nouvelles façons de produire et de consommer. Il serait bien surprenant qu'elles ne se manifestent pas aussi
  par le demande d'une nouvelle façon de communiquer. Que serait par exemple une « communication équitable »?<br>
  <span style="font-size: 24pt;"><b><br></b></span>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 24pt;"><b><em>7</em></b></span>
  </div><b>Les divas de la pub, c'est fini.</b> Les grands gourous qui modélisaient&nbsp; leurs clients à leur image, ceux qui dictaient leur loi sur ce qu'il fallait dire, comment le dire et à qui.
  Les oracles, les haruspices qui ne pouvaient se regarder sans rire. Plus de recettes-miracles pour multiplier les pains ou pour marcher sur l'eau, la communication va redevenir ordinaire, humaine.
  Cela ne veut pas dire qu'elle n'aura plus besoin de professionnels, mais ils joueront un autre rôle, de médiateur, d'intermédiaire entre le client et le public, au service de l'un et de l'autre.
  D'écoute. De construction de réseau. De veilleur. De chercheur et d'agrégateur de contenu. De community manager. Un travail sans doute plus modeste, moins éclatant. Plus utile. Au service autant
  des acteurs économiques que des communautés et des réseaux. Une place qui soit à la fois dedans et dehors, c'est à dire une vraie place de médiateur. Les communicants de demain (c'est à dire
  d'aujourd'hui) sont appelés à devenir le média. Encore faut-il qu'ils réinventent complètement leurs modes d'intervention et leurs modèles de pensée. Ces méthodologies ne pré-existent pas, elles
  sont à co-construire chemin faisant avec les publics concernés et avec les communautés professionnelles qui sont à l'oeuvre.Et c'est affaire d'écologie.]]></description>
        <pubDate>Mon, 30 Nov 2009 16:41:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-la-communication-d-entreprise-au-temps-des-reseaux-partie-2--40322137.html</guid>
                <category>Communication d'entreprise</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-la-communication-d-entreprise-au-temps-des-reseaux-partie-2--40322137-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Royal, Sarkozy, Obama, 3 échecs de la communication politique]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-royal-sarkozy-obama-3-echecs-de-la-communication-politique-38119344.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83//barack20obama20from20dc20examiner.jpg" class="DrteTexte" width="300" height="300"><b><em><br>
  Média des médias, réseau des réseaux, le monde de l'internet transforme profondément les pratiques de la communication sociale. La société s'approprie ces nouveaux usages. Vite. Et le politique,
  lanterne rouge habituelle de tous les changements, court derrière. Avec plus ou moins de bonheur. Plus, quand il gagne le élections. Moins, quand il les perd. Et pourtant ce n'est pas à l'aune des
  victoires électorales qu'il faut juger</em></b> <b><em>sa capacité à être en phase avec la société. Les succès confirment le vainqueur dans sa certitude d'avoir raiso</em></b><b><em>n, même quand
  il a tort.</em></b><br>
  <br>
  <span style="font-size: 18pt;">Ségolène Royal invente l'eau demi-tiède</span><br>
  De tous les politiques français, en 2007,Ségolène&nbsp; Royal est la seule qui donne l'impression d'avoir tout compris de l'internet. Il faut dire qu'elle vient du diable vauvert, imposée par
  l'opinion publique à la barbe de l'appareil du PS. Elle s'emploie donc à tout réinventer et à s'appuyer sur des soutiens populaires hors parti.<br>
  <br>
  Cela donne :<br>
  <b><a href="http://www.desirsdavenir.org/">Désirs d'Avenir</a> :</b> un réseau social ouvert où l'on entre comme dans un café. On peut s'inscrire à des groupes, échanger sur le web, ou participer à
  des événements dans la vraie vie (IRL :&nbsp;&nbsp; In Real Life). Il y a une bonne articulation entre le <em>on line</em> et le <em>IRL</em>.<br>
  <b><a href="http://segosphere.blogspot.com/">La Ségosphère</a> :</b> une communauté internet autour de sa candidature. Véritable média social, elle permet de rendre compte de ce qui se passe
  pendant la campagne. Elle est fortement interactifve et collaborative.<br>
  <b>Les débats participatifs</b>, comme méthode d'élaboration d'un programme. C'est une sorte de wiki politique.<br>
  <br>
  Aucune campagne électorale n'avait été aussi ouverte, aussi collaborative, aussi en phase avec la culture internet. On est bien dans une logique de réseau, en contradiction complète avec la logique
  de système contrôlé que sont les partis. La structure est totalement ouverte. Il n'y a pas de hiérarchie verrouillante. Les échanges sont largement horizontaux. Les pôles organisationnels ne sont
  pas sclérosants, tout ne descend pas du sommet, mais se construit largement ensemble. Même la candidate, supposée être la cheffe, se comporte beaucoup plus comme une animatrice que comme un
  commandant en chef.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Résultats positifs</span><br>
  Forte implication des participants qui en font véritablement leur campagne. Instauration d'une forte relation de proximité entre les participants et avec la candidate. Renforcement du charisme de
  la leadeure.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Résultats négatifs</span><br>
  L'élection est perdue. On peut se demander si la stratégie était vraiment adaptée à l'élection présidentielle française très centrée sur la personne du candidat, très centralisée sur une figure de
  chef.<br>
  L'appareil du parti n'apprécie pas du tout de se voir débordé, il va se venger lors du congrès suivant et après. Il n'aura de cesse tant qu'il n'aura pas&nbsp; éliminé l'incident pour que tout
  rentre enfin dans l'ordre et que rien ne change. Or, une stratégie de cette sorte ne peut pas se faire sans le parti et pas non plus sans transformer profondément les modes de fonctionnement du
  parti.<br>
  La montagne accouche d'un sourire, celui de Ségolène Royal. Mais elle est incapable de produire un projet politique cohérent et mobilisateur. Passer de la superstructure qu'est le parti au
  superchaos qu'est la Ségosphère, c'était sauter d'un extrême à l'autre. On verra que chez Obama, les énergies produisent du collectif organisé.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 18pt;"><br>
  Nicolas Sarkozy et le vertige des pyramides</span><br>
  Le futur président&nbsp; hérite d'un parti jacobin hypercentralisé fondé par Jacques Chirac : le RPR devenu UMP. Il a passé le temps nécessaire à en reboulonner tous les rouages, placer des hommes
  de confiance aux postes clefs et neutraliser les autres. En juillet 2006, il a publié «&nbsp;Témoignages&nbsp;», première ébauche de son projet politique, la question du programme ne se pose donc
  plus. Il a passé un an à «&nbsp;évangéliser&nbsp;» ses troupes&nbsp; pour s'assurer qu'elles le suivent. La structure du mouvement fonctionne sur le modèle de l'armée napoléonienne, même s'il y a
  plusieurs armées, du fait de l'intégration de partis partenaires. Le sommet décide et les rouages intermédiaires sont chargés de faire redescendre les décisions pour application. La communication
  est bâtie sur le même modèle. Celui des médias du XXème siècle, et notamment du média dominant : la télévision. Il y a une source émettrice qui diffuse le même message sur des cibles passives (les
  récepteurs)&nbsp; qui constituent une masse. <a href="http://ttp://www.sarkozy.fr/video/">Sarko TV</a> est chargée de mettre en scène le candidat, de produire des images&nbsp; et de les diffuser
  par tous les moyens y compris sur les médias d'information. <a href="http://ttp://www.sarkozy.fr/video/">Sarko TV</a> deviendra <a href="http://www.elysee.fr/accueil/">PR TV</a> (PR = Président de
  la République) après l'élection, avec la même mission mais à l'Elysée.<br>
  <br>
  <b>Quel rôle joue l'internet dans tout ça?<br></b>On peut dire que Nicolas Sarkozy semble n'avoir rien compris à la nature réelle du web. L'internet est utilisé comme un simple nouvel outil dans le
  dispositif de communication, un complément. Au sommet de la pyramide : la source, le centre de décision. A la base, le peuple qu'il s'agit d'entraîner dans l'aventure. Entre les deux, la machine
  pyramidale du parti. L'internet constitue d'une part, une couche supplémentaire entre le parti et le peuple, pour assurer la transmission des messages, y compris sur son profil <a href=
  "http://www.facebook.com/nicolassarkozy">Facebook</a>. Et d'autre part, un liant interne qui permet d'assurer un minimum d'interactivité à l'intérieur de la structure&nbsp; pour débattre du projet
  (mais sans le remettre en cause) et pour renforcer la cohésion interne. Là où chez Ségolène Royal il y avait production collaborative, chez Nicolas Sarkozy il y a grande distribution et
  consommation de masse. Là où il y avait structure horizontale, il y a structure verticale. Là où il y avait&nbsp; réseau, il y a système. L'internet est utilisé à contre-emploi.<br>
  <span style="font-size: 14pt;"><br>
  Résultas positifs</span><br>
  L'élection est gagnée. Il est vrai&nbsp; que le fonctionnement de général-en-chef+armée est sans doute ce qui est le plus efficace en campagne. De plus,cette stratégie correspond bien au candidat
  qui a de réels talents d'orateur. Centraliser les énergies sur lui et renvoyer ensuite ces énergies sur la masse, c'est le schéma canonique de manipulation des foules décrit par Tchakotine en 1938,
  et qui sert toujours de modèle y compris dans la publicité. Le pouvoir des tribuns se forge là.<br>
  L'image construite par le candidat est lisible, forte, solide.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Résultats négatifs.</span><br>
  Le mouvement impulsé par Nicolas Sarkozy rame&nbsp; à contre-courant de la transformation profonde du monde médiatique. Il tire en arrière, vers le XXème siècle et même vers les années 60, vers le
  pouvoir absolu de la paléotélévision. Rien n'empêchera pourtant l'internet d'être, et d'être&nbsp; ce qu'il est : un contre-pouvoir, échappant&nbsp; à l'hypercontrôle. Or, plus Sarkozy&nbsp;
  cherche à centraliser la communication, à la maîtriser, et plus par contrecoup il crée du contre-pouvoir. Le piège est total. L'organisation pyramidale de la communication est aussi inadaptée que
  l'est une armée conventionnelle face à une guérilla. La stratégie de Nicolas Sarkozy le condamne à être face à une guérilla médiatique permanente. Plus il se réfugie dans le sommet, voulant
  renforcer le pouvoir de contrôle, plus il s'éloigne de la base,&nbsp; et plus la pyramide vacille.<br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <span style="font-size: 18pt;">Barack Obama et la vengeance de l'IRL</span><br>
  Obama restera dans l'histoire comme le premier président «&nbsp;fait par l'internet&nbsp;». Comme Roosevelt avait été le premier président «&nbsp;fait par la radio&nbsp;» et Kennedy le
  premier&nbsp; président "fait par la TV ". Dans les trois cas, la formulation est abusive, mais c'est ainsi qu'on racontera l'histoire. Il y eut pourtant un précédent malheureux, sans lequel ce
  succès ne se serait pas fait : Howard Dean de 2003 à 2004, candidat aux primaires démocrates qui finit par jeter l'éponge, non sans avoir démontré le pouvoir de l'internet. Howard Dean avait réuni
  autour de lui une équipe de hackers. Surgi hors de l'establishment démocrate, il réussit pourtant&nbsp; à imposer sa candidature. Presque. Après son abandon il transforme son réseau <em>Dean For
  America</em> en une réseau <a href="http://www.democracyforamerica.com/"><em>Democraty for America</em></a>, au service des candidats démocrates. Barack Obama recrute Jascha Franklin-Hodge, un
  ancien du réseau Dean. C'est Jascha qui va monter le réseau au service de la campagne Obama : <em><a href="http://www.bluestatedigital.com/">Blue State Digital</a>.</em> Un réseau fait par des
  geeks pour des geeks. «&nbsp;Je veux que les geeks soient heureux&nbsp;» en est la devise.&nbsp; Un réseau&nbsp; qui sera co-construit et partagé par tous ceux qui y participeront.<br>
  <br>
  <b>Première règle :&nbsp; de d'open source.</b> Tous les outils sont à disposition de tous et compatibles avec tout. La communauté des geeks peut donc créer librement au fur et à mesure des
  besoins.<br>
  <b>Deuxième règle : la campagne se fait avec des makers,</b> pas des citoyens passifs, mais des gens qui prennent des initiatives. On parie sur leur créativité. On ne les cantonne pas dans le rôle
  de spectateurs admiratifs ou de fans, comme Nicolas Sarkozy.<br>
  <br>
  Le réseau propose des outils, une cartographie permettant de savoir quels sont les événements de campagne existant à proximité de l'internaute, quels sont les groupes près de chez lui. Des kits
  grâce auxquels chacun peut organiser des actions ou des événements autour de lui. Et bien sûr un appel à finances. Résultat : près de 3 fois plus d'événements de campagne organisés par les
  démocrates que par les républicains, un budget près de 50% supérieur, alors que traditionnellement l'argent est plutôt du côté des républicains. Les chiffres sont éloquents, en juillet 2008 on
  recense déjà : 200 M$ levés, 75 00 événements créés, et une communauté de plus de 1 million d'internautes mobilisés. Le candidat Obama joue le jeu, il ne se sert pas de l'internet comme d'un relais
  médiatique, il devient un acteur interne qui en accepte les règles du jeu&nbsp; :&nbsp; la proximité, la réactivité, le dialogue. L'image du candidat est réellement une co-construction entre lui et
  le réseau.&nbsp; Le candidat n'est pas un simple écran ou chacun projette ses «&nbsp;désirs d'avenir&nbsp;» il est un catalyseur, il fait des choix, il oriente, il donne du sens, de la
  direction.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Les clés du succès sont :</span><br>
  - Une communauté dotée d'une très large autonomie.&nbsp; Elle s'autogère et s'autogénère.<br>
  - Un réseau social dédié : <a href="http://www.bluestatedigital.com/"><em>Blue State Digital</em>.</a> Au lieu de s'appuyer sur des réseaux existants comme Facebook ou MySpace, qui ne sont pas
  faits pour ça.<br>
  - Une technologie à la fois dédiée et commune : tous les outils sont empruntés à l'existant dans l'open source.<br>
  - Une culture commune de l'internet. Parce qu'il joue le jeu, le candidat Obama est reconnu par la communauté internet comme un interlocuteur valable.<br>
  - Une population qui est mûre. En 2004, la culture internet n'était pas encore majoritaire aux USA au point de faire de l'internet le coeur de la stratégie de communication et d'action. Obama peut
  donc réussir en 2008 là où Dean a échoué en 2004.<br>
  - Une bonne gestion des allers-retours entre le <em>on line</em> et le <em>IRL</em>.<br>
  <span style="font-size: 14pt;"><br>
  Résultats positifs</span><br>
  La victoire, bien sûr. Mais surtout la démonstration qu'une nouvelle manière de faire de la politique est en émergence, que les vieilles recettes ne gagnent plus. Selon les règles du jeu anciennes,
  la candidate aurait dû être Hillary Clinton.<br>
  La pliure du temps. Plus rien ne sera jamais comme avant. La politique est entrée dans l'ère de l'internet.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Résultats négatifs</span><br>
  On pourrait toujours en trouver en cherchant bien. Disons simplement que, malgré tout, l'ancien monde n'est pas mort. Les médias du XXème siècle existent toujours. Les groupes et réseaux
  traditionnels aussi, à commencer par les extrémistes racismes, KuKluxKlan et autres.<br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Alors pourquoi parler d'échec?</span><br>
  Parce que gagner une élection est une chose et que gouverner en est une autre. La méthode internet s'est révélée redoutablement efficace lors de la campagne, mais elle n'est pas extrapolable à la
  gouvernance d'un état. Barack Obama se trouve donc extrêmement démuni face au pouvoir politique qu'il doit exercer maintenant. Il ne peut le faire qu'en s'insérant dans les rouages des pouvoirs et
  contre-pouvoirs étatsuniens, exactement de la même manière que ses prédécesseurs. D'une certaine manière, le président Obama n'a pas d'autre choix que de trahir le candidat Obama. Il est rattrappé
  par l'<em>IRL</em> de la politique.<br>
  <br>
  <br>
  Lire aussi<br>
  <a href="http://www.gandonniere.com/article-l-ecologie-des-reseaux-----1-0--37366490.html">L'Ecologie des réseaux</a><br>
  <a href="http://www.gandonniere.com/article-36537764.html">Un storrytelling à la française, l'ITW de Sarkozy à New York</a><br>
  <a href="http://www.gandonniere.com/article-35910548.html">Sarko Circus 5 tours de passe-passe de la communicaiton présidentielle</a><br>]]></description>
        <pubDate>Sat, 24 Oct 2009 18:34:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-royal-sarkozy-obama-3-echecs-de-la-communication-politique-38119344.html</guid>
                <category>Communication politique</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-royal-sarkozy-obama-3-echecs-de-la-communication-politique-38119344-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'écologie des réseaux ( β 1.0)]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-l-ecologie-des-reseaux-----1-0--37366490.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83//Internet2.jpg" class="GcheTexte" width="300" height="300">Ils deviennent les nouveaux modes de structuration du monde. Les voies par lesquelles
    passent la communication , l'économie, et même la politique, la géopolitique. Ce sont leurs structures et leur principes de fonctionnement qui s'imposent peu à peu. En écologie, la dernière
    évolution épistémologique de compréhension du monde, et donc en écologie de l'information, ils posent un douloureux problème : les approches théoriques les plus élaborées qu'on connaisse sont
    modélisées sur les systèmes, simples ou complexes. C'est le cas des écosystèmes. Or le réseaux ne sont pas des systèmes. Ils vont donc nous amener à revoir en profondeur tous nos modèles
    théoriques. Mais que sont donc les réseaux, pour ce qu'on en comprend aujourd'hui ? En quoi remettent-ils en cause les systèmes?
  </p><br>
  <p>
    &nbsp;
  </p><em><br>
  <br>
  <br>
  <br></em>
  <p>
    <span style="font-size: 24pt;">Les systèmes</span>
  </p>
  <p>
    Un système est un ensemble d'éléments organisés autour d'interactions qui concourent à un projet commun, une téléologie. Le système est suffisamment structuré pour qu'on puisse en définir les
    limites, séparer un dedans d'un dehors. On doit pouvoir déterminer à coup sûr ce qui fait partie ou non du système en fonction de l'intensité des interactions de chaque élément avec le système et
    de sa dépendance ou de son autonomie par rapport à lui. Il recèle un centre de décision plus ou moins organisé qui maintient la cohérence du système et sa tension vers le but final. Le système ne
    se conçoit que pris dans une dynamique vivante, c'est à dire en mouvement constant. Il doit parvenir à maintenir un équilibre entre : d'une part le mouvement qui tend vers un but et les échanges
    internes/externes qui produisent du désordre, et d'autre part l'inertie c'est à dire les forces qui assurent l'homéostasie, la survie du système et sa cohérence malgré le mouvement.
  </p>
  <p>
    Les rôles y sont précisément définis, même s'ils peuvent changer selon les mouvements d'échanges :
  </p>
  <p>
    prédateur/proie
  </p>
  <p>
    Producteurs (autotrophes) - consommateurs '(herbivores, carnivores, omnivores, carnivores de carnivores), - décomposeurs = modèle de chaîne trophique
  </p>
  <p>
    Producteurs-transformateurs-distributeurs-consommateurs-stockeurs-recycleurs = modèle économique
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    On parle de système ouvert ou fermé. En théorie un système complètement fermé n'aurait aucune activité perceptible de l'extérieur. On peut en déduire qu'un tel système serait mort ou n'existerait
    pas. On parlera donc plutôt d'un système fermé lorsque la majorité de ses échanges se situent en interne et de système ouvert lorsque la majorité de ses échanges se situent en externe. Cette
    distinction prend tout son sens par exemple dans l'application des lois de Parkinson qui disent que toute organisation bureaucratique tend à l'autarcie, c'est à dire à centrer la totalité de son
    activité sur elle-même.
  </p>
  <p>
    On parle de système complexe lorsque le nombre d'éléments est important, que les modalités d'échanges internes/externes sont diversifiés au point de créer des systèmes de sous-systèmes, lorsque
    les rétroactions interviennent de manière majeur dans la régulation du système. Mais de manière plus impérative, le nombre d'éléments ne suffit pas, un système à éléments nombreux peut être
    seulement compliqué. Pour qu'il soit complexe, il faut qu'il fonctionne selon les règles de la complexité : le tout n'est pas la somme des parties, il est à la fois plus, moins et autre chose. Le
    système complexe est capable d'auto-organisation. Les boucles de rétroaction jouent un rôle déterminant dans les échanges internes/externes comme dans l'auto-organisation. Le principe de
    non-contradiction est réfuté, une chose et son contraire peuvent être vraies en même temps.
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Exemple 1. Une administration.</span>
  </p>
  <p>
    Sa raison d'être est une mission (téléologie). Elle est structurée selon un organigramme. On sait précisément qui en fait partie ou non, qui est « à l'effectif ». Les rôles de chacun y sont
    précisément décrits dans de fiches de postes. Il y a une organisation qui décrit ce que doit être le fonctionnement théorique. Mais il y a aussi suffisamment de « bordel ambiant » pour contourner
    les règles et permettre le fonctionnement réel. Ordre et désordre se marient donc, selon le principe d'entropie. Le système est ouvert quand il se centre essentiellement sur sa mission, fermé
    quand il poursuit comme but principal sa propre survie et son propre intérêt, indépendamment des besoins qui se manifestent à l'extérieur. Il est hétéro-normé quand un autre système (comme : le
    politique) en prend le contrôle pour le soumettre à ses propres buts, par exemple électoralistes, en le détournant de sa mission première. Il est violemment dé-normé quand on modifie le nature
    même se sa mission, le mettant en contradiction avec ses propres modes de fonctionnement. Ainsi la mise en concurrence de services publics avec des entreprise privées ne peut aboutir qu'à
    l'assujettissement des services publics aux règles commerciales (et jamais l'inverse). Le but commercial vient soumettre à sa loi : l'utilité du service, l'impartialité de traitement des clients,
    l'égalité d'accès des citoyens, le principe de solidarité. Il conduit à remettre en cause le contenu des emplois, la structure des organisations, leur fonctionnement et leur gestion. Il intègre
    par nécessité la dimension de rentabilité et finit par par adopter les mêmes finalités que les entreprises commerciales : de développer, conquérir de nouveaux marchés, absorber d'autres
    structures pour grossir. Autant de buts qui n'ont rien à avoir avec la mission originelle. Et ce, que le capital de l'ex-service public soit devenu privé ou resté public.
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Exemple 2. Un service public éclaté : la SNCF.</span>
  </p>
  <p>
    L'entreprise nationale est un service public. Elle devrait donc fonctionner selon les mêmes règles que n'importe quelle administration. Celle d'un système assez fermé, toujours menacé de se
    replier sur son fonctionnement interne, ses préoccupations organiques, perdant un peu de vue la finalité qui le justifie. Mais dans le cas de la SNCF, comme des autres entreprises de transports,
    et comme des autres entreprises de réseau sans doute, on a affaire à une structure comme éclatée de l'intérieur vers l'extérieur. Dans les administrations, la clientèle est extérieure, le
    personnel intérieur, la clientèle entre dans l'espace ferme dédié à la structure qui en contrôle les flux et les échanges. Dans le cas de la SNCF, tout se passe en milieu ouvert. Il n'y a pas
    l'enveloppe protectrice d'un lieu couvert, une usine, un immeuble, un atelier, un endroit ou ceux du dedans sont chez eux et ceux du dehors n'entrent que selon un protocole maîtrisé. Tout se
    mélange. L'activité professionnelle se déroule dans l'espace public. C'est une situation profondément insécurisante pour les acteurs qui ont besoin de recréer artificiellement une sorte
    d'enveloppe invisible qui sépare le dedans du dehors, la clientèle des cheminots. Alors qu'on pourrait s'attendre à ce que les contacts soient plus faciles entre eux que derrière un guichet,
    c'est le contraire qui se produit. Les relations sont distantes et la communication particulièrement défaillante. L'intérieur et l'extérieur sont entremêlés. Pour arriver à se différencier, ils
    n'ont pas d'autre solution que de s'ignorer l'un l'autre. C'est un réseau, mais qui dysfonctionne d'être structuré et de vouloir fonctionner comme un système.
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Exemple 3. La publicité.</span>
  </p>
  <p>
    Elle peut se décrire comme un système simple : une machine à influencer une cible. Les rôles sont bien répartis, d'un côté les actifs, émetteurs, de l'autre, les passifs, récepteurs. Le mode de
    production de l'agence, même ses interactions avec le client-annonceur sont faciles à décrire. Les modes de diffusion sur les supports publicitaires, les espaces publicitaires des médias aussi.
    Et même les mesures d'impact. Les choses se compliquent un peu quand on intègre le système publicitaire comme élément dopant d'un système plus vaste : le système commercial, lui-même relié au
    système de production. Se compliquent encore quand on intègre chacun de ces systèmes compliqués dans leur environnement : d'une part celui de la production publicitaire tous agence confondues et
    plus encore celui de la production médiatique où les publicités trouvent leur place, et d'autre part l'environnement du marché où se trouve le produit et l'entreprise de l'annonceur, avec sa
    clientèle, sa concurrence directe et indirecte. Alors, on passe du compliqué au complexe car il n'est plus possible de découper le mégasystème en éléments isolables. Les interactions sont
    tellement imbriquées les unes dans les autres que les sous-systèmes sont totalement dépendants les uns des autres. La publicité contamine les contenus de divertissements qui contaminent les
    contenus informationnels et réciproquement. Témoin ce lancement de sujet d'Elise Lucet dans le JT de France 2 en octobre 2009 « On se souvient de la campagne de 1995 avec le slogan : &nbsp;mangez
    des pommes... » Et non. Le slogan de campagne de Jacques Chirac, derrière l'image du pommier, était « La France pour tous ». C'est une émission de divertissement, les Guignols de l'Info, qui
    l'avait détourné en « Mangez des pommes ».
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 24pt;">Les réseaux</span>
  </p>
  <p>
    Un réseau est un système complètement ouvert qui n'a ni centre ni périphérie. Ni dedans ni dehors. Ou plutôt : à la fois dedans et dehors. En fait la question n'a pas de sens. Dans le cas du
    réseau il ne s'agit pas de savoir si on est à l'intérieur ou à l'extérieur, mais de savoir si on est connecté ou non. Si on ne l'est pas, on n'existe pas, pour le réseau. Et si on est connecté,
    on n'est pas <em>dans</em> le réseau, on <em>est</em> le réseau. Comme il n'a pas de limite, d'enveloppe, le réseau peut s'étendre, changer de forme, de manière imprévisible, qui échappe
    totalement même à ses initiateurs. Souvent il n'est pas descriptible en extension, seulement en compréhension.
  </p>
  <p>
    Le réseau est plat, horizontal. Il fonctionne pourtant dans au moins 5 dimensions, mais il ne reconnaît pas de hiérarchie, pas d'organisation pyramidale. Les structurations organisationnelles se
    font plus sur le modèles des collèges invisibles. L'autorité des acteurs s'acquiert par la reconnaissance des pairs et par le pouvoir d'influence « naturelle » de tel ou tel sur le réseau. Au
    lieu d'une structure hiérarchique, on trouve donc une sorte de cosmogonie avec des soleils rayonnant pus ou moins fortement, des planètes qui tournent autour, des satellites. Un maillage qui ne
    ressemble pas à celui d'un filet, parce que les mailles n'y sont pas régulières. Certaines régions de l'univers sont fortement déformées par la présence d'un soleil ou d'un élément de forte
    densité comme un site à grand rayonnement. D'autres sont plus désertes, plus inactives, plus distendues.
  </p>
  <p>
    Chaque acteur du réseaux dispose, potentiellement de toutes les fonctions possibles, aucun n'est assigné à un rôle captif. Il peut être producteur, transformateur, transmetteur, consommateur,
    destructeur, recycleur, stockeur, constructeur de réseau....Aucun de ces rôles n'est exclusif de l'autre, chaque acteur peut en incarner plusieurs simultanément ou tour à tour. Il en résulte que
    la répartition des rôles qu'on trouvait dans l'écosystème ne sont plus valables. L'activité d'un des acteurs ne peut se développer que par un jeu d'interactions fait de
    propositions-réponses-réactions-corrections-rejet-transformation-accueil-transmission-reprise....Pour faire simple on dira que le processus ne peut pas être seulement actif ni même pro-actif,
    mais qu'il se situe toujours entre interactif et collaboratif.
  </p>
  <p>
    La finalité du réseau n'est pas simple à déterminer. La plus évident est celle-ci : le réseau construit du réseau. Et encore. Il ne le fait que si les participants y trouvent un intérêt, sinon il
    meurt. Nul ne peut imposer une finalité. Un réseau doit se légitimer auprès de ses utilisateurs-constructeurs. Et alors il échappe largement à ses initiateurs, puisqu'il se met à se
    co-construire. Il est donc la résultante de finalités multiples trouvées-créées<sup><a id="sdfootnote1anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href=
    "#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></sup> par les utilisateurs. Résultante prise dans une dynamique, c'est à dire qui évolue au cours du temps sous l'influence des acteurs et de leur
    environnement.
  </p>
  <p>
    Un réseau n'est pas un écosystème. Ou alors un écosystème intégré, dans lequel l'environnement est à l'intérieur autant qu'à l'extérieur, interpénétrés. Et aussi : désintégré, puisque tout ce qui
    rendait l'écosystème définissable a volé en éclats. Pour autant le réseau est plus facile à concevoir dans sa complexité que l'écosystème, il est une adaptation à la complexité. Il est à la fois
    un produit de la complexité et un producteur de complexité. Chacun des éléments qui composent un réseau peut être partie prenante d'autres réseaux, voire : être un réseau lui-même. On retrouve la
    même imbrication que dans les systèmes de systèmes mais dans plus de trois dimensions. Ce qui est élément ici peut être réseau là et inversement.
  </p>
  <p>
    Enfin le monde des réseaux, qui reconfigure le monde, ne fait pas disparaître le monde des systèmes. Ceci ne tue pas cela<sup><a id="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc"
    href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a></sup>. Le monde des réseau englobe le monde des systèmes et ne le fait pas disparaitre. Tout n'est pas réseau. Les structures hiérarchiques, cloisonnées,
    unilatérales, institutionnelles, continuent d'exister. Mais le pouvoir peu à peu leur échappe. Elles deviennent de plus en plus impuissantes surtout si elles conservent leur ancien mode de
    fonctionnement. Le monde des réseaux tend peu à peu à prendre le pouvoir, c'est à dires : <em>les</em> pouvoirs, multiples, complexes, interactifs, collaboratifs. Ce sont ses modes de
    fonctionnement qui deviennent dominants.&nbsp;
  </p>
  <p>
    Sans vouloir faire un état complet de ce que les réseaux sont susceptibles de changer dans le monde, voici tout de même trois illustrations sous forme d'oracle, c'est à dire volontairement
    exagérées, en ne montrant qu'un aspect des choses, celui d'une révolution linéaire comme le prophètes des médias aiment à nous en annoncer tous les 5 ans.<br>
    <br>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Oracle N° 1 : le pouvoir des mass médias est mort</span>
  </p>
  <p>
    Le monde médiatique d'où nous sortons était dominé par la télévision. C'est elle qui imposait ses choix, son agenda setting, son point de vue sur l'actualité, son angle et son mode de traitement
    de l'information. Les autres médias : presse, radio, avaient pris l'habitude de redéfinir leur métier en fonction d'elle sur le modèle : la radio annonce, la TV montre, la presse explique.&nbsp;
    Ce Yalta de l'information s'est effondré comme le mur de Berlin. Or le système de pouvoir de lé télévision repose sur le principe d'une source unique diffusant sa vision du monde sur des cibles
    passives, sans rétroaction possible, puisque le récepteur n'agit pas sur le contenu qui est diffusé à son intention. C'est donc un mode de communication unilatéral permettant à un média (et donc
    un opérateur unique) de tenter d'assujettir une masse. Dans les réseaux, l'utilisateur n'est jamais pasif, c'est lui qui décide de sa propre navigation. Il est donc hors de question de lui
    imposer un point de vue exclusif des autres. Chacun est autant producteur potentiel que consommateur, les médias ne décident donc plus de ce qu'on montre et de ce qu'on cache. il n'y a plus
    d'angle mort de l'actualité, c'est la transparence complète, jusqu'à la tyrannie&nbsp; du voyeurisme absolu. La voix de son maître, c'est fini. Les vieilles publicités de Pathé Marconi, un des
    dinosaures de la radio montraient un chien écoutant son maître dans le cornet d'un gramophone. Aujourd'hui le teckel pris le pouvoir, il décide de ce qu'il veut entendre, il conteste, corrige,
    contredit, complète, critique. Les journalistes doivent apprendre à travailler sous l'œil critique permanent de leur auditoire et à le traiter comme un partenaire, une source, un co-producteur,
    et non pas un "public". Il n'y a plus de pouvoir médiatique, ou alors, c'est un pouvoir collectif, partagé et on ne mesure pas encore les implications de ce changement.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Oracle N° 2 : le pouvoir cache son impuissance grandissante par un usage immodéré de Viagra institutionnel.</span>
  </p>
  <p>
    C'est du moins le cas en France, pays jacobins, centralisé à outrance, où tout remonte toujours à Paris pour y être décidé...et bien peu exécuté. Les circuits de décision suivent toujours un
    logique pyramidale. Ce pays vit dans l'illusion que les décision s'y prennent au sommet et que l'éclair de Jupiter n'a plus qu'à frapper le sol de sa foudre pour que la réalité s'en trouve
    transformée. Bien sûr, il n'y a que du haut de son nuage que le roi des dieux peut se bercer de cette illusion. Dans le monde des hommes de la Terre, on voit bien l'énergie se perdre dans tous
    les circuits administratifs, le mille-feuilles français, avec tous ses contrepouvoirs acharnés à l'empêcher d'atteindre son but. Et au final il y a bien peu d'électricité dans la lampe. A l'ère
    des réseaux c'est pire. Tous les contrepouvoirs qu'on avait réussi à phagocyter, les informations qu'on parvenait à cacher, les organisations qu'on savait ne pas écouter, se développent
    maintenant librement. Et le monde plus ou moins factice sur lequel règne toujours les gouvernants ne résiste plus à l'assaut des réseaux. Il n'a pas été possible d'empêcher le débat sur la Loi
    Hadopi, il s'est déroulé (se déroule) hors de l'assemblée nationale. Et on n'empêchera pas la réalité de rattraper cette loi et de finir par avoir sa peau. Paradoxale est alors la réaction du
    politique. Au lieu de faire la seule chose qui serait raisonnable, partager ce pouvoir, mettre à profit la formidable capacité contributive contributeur des réseaux pour co-construire du
    politique, il fait le contraire, il revient&nbsp; en arrière, vers une époque bonapartiste où un seul homme pouvait croire contrôler l'empire. Le pouvoir est-il en train de se suicider?&nbsp; Il
    ne pliera pas les réseaux. C'est ce qui est expliqué ailleurs dans la théorie de l'élastique. <span style="font-size: 14pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Oracle N° 3 : les machines pyramidales s'effondrent.</span>
  </p>
  <p>
    L'Etat court vers son obsolescence. Mais comme dans "Le Sixième Sens", il ne le sait pas encore. Il croit structurer des territoires, définir des règles de fonctionnement selon le différents
    échelons que sont la nation, la région, le département, la commune. Avec, au dessus, ce qu'on appelle l'Europe des Nations. Or, de plus en plus, les territoires se développent hors de leurs
    frontières administratives, par empirisme. C'est l'usage qui en trace la géographie et les voies de circulation, qui active les territoires réels et qui se moque pas mal des cartes tracées par
    les technocrates, elles ne veulent plus rien dire. De même se composent des communautés qui n'ont plus rien à voir avec des nations, des région ou des villes, ni même avec des groupes sociaux
    reconnus. La «&nbsp;nation Facebook&nbsp;» aura bientôt autant d'habitants que l'Union Européenne et pourtant pas un seul drapeau aux Nations Unies. Les identités personnelles et sociales se
    déconstruisent et se reconstruisent au gré des appartenances que chacun se trouve, en s'affranchissant de toutes les règles édictées par les pouvoirs institutionnels. Les entreprises sont en
    réseau, les militances sont en réseau, le culture est en réseau, la recherche est en réseau, les diasporas se reforment en nations virtuelles. Il n'y a que le pouvoir politique qui reste
    désespérément accroché à ses pyramides vacillantes, celles des palais présidentiels, des grandes administrations hiérarchiques, des institutions centralisatrices. Et mêmes des réseaux fermés sur
    lesquels il avait l'habitude de s'appuyer : les grand corps de l'Etat, les incubateurs de technocrates : les grandes écoles, les think tanks et autres clubs d'influences plus ou moins occultes.
    Les réseaux s'insinuent dans les interstices de ces pouvoirs là, comme les vagues rongent la falaise et la falaise ne gagnera jamais cette bataille. Les machines pyramidales sont condamnées. Mais
    elles réagissent comme un ultime sursaut de la pire manière qui soit, en renforçant leur pouvoir, elle croient assurer leur survie, elles accélèrent leur perte. Plus elles centralisent, plus
    elles fabriquent de l'entropie qui vient nourrir les réseaux., les contrepouvoirs. Les conséquences ne sont pas réjouissantes : renforcement des mouvement anti et alter, mais aussi et surtout, de
    la violence sociale.
  </p>
  <p>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 10pt;"><em>Pierre Gandonnière</em></span>
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="sdfootnote" style="margin-bottom: 0.5cm;">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a>Au sens de Donald Winicott
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p class="sdfootnote" style="margin-bottom: 0.5cm;">
      <a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a>Dans Notre Dame de Paris l'archidiacre Claude Frollo prononce cette phrase en désignant un livre
      puis la cathédrale : « Hélas, ceci tuera cela ». Depuis, cette formule désigne la crainte qu'un nouveau média ne fasse disparaître son prédécesseur. Peur toujours présente à chaque révolution
      médiatique. Mais toujours démentie par les faits. Aucun média n'en a jamais tué un autre.
    </p>
  </div>

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        <pubDate>Sun, 11 Oct 2009 21:31:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-l-ecologie-des-reseaux-----1-0--37366490.html</guid>
                <category>Les Essentiels</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-l-ecologie-des-reseaux-----1-0--37366490-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Un storrytelling à la française, l'ITW de Sarkozy à New York]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-36537764.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <b><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83//sarkozy-onu_pics_180.jpg" class="GcheTexte" width="300" height="191">Qu'est-ce que le storytelling? Une certaine façon de raconter une
  histoire. L'interview de Nicolas Sarkozy mercredi sur TF1/France2 en est une vivante illustration. La scène se passe à New York, dans les locaux de l'ambassade de France, pendant le déroulement de
  l'assemblée générale de l'ONU. Comment détourner l'évènement pour qu'il serve de cadre à une mise en scène de la parole présidentielle?</em></b><br>
  <br>
  &nbsp;<br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <span style="font-size: 24pt;">L'évènement</span><br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Les personnages principaux en sont :</span><br>
  <br>
  <b>Barak Obama.</b><br>
  <br>
  Il joue gros. C'est sa première intervention devant cette assemblée. Il vient défendre une nouvelle approche étatsunienne qui pour l'instant rencontre peu de succès : le multilatéralisme.<br>
  <br>
  <b>Muammar Khadafi</b><br>
  <br>
  C'est la première fois qu'il est admis dans cette assemblée. Il arrive en bousculant tout et en ne respectant aucune règle, mais il arrive. L'enjeu est pour lui de devenir un interlocutoire
  crédible, une force proposition constructive, ou de rater sa mue.<br>
  <br>
  <b>Mahmud Ahmadinejad</b><br>
  <br>
  Le président iranien est sur la sellette. Élection contestée, soupçon de vouloir construire l'arme nucléaire. Ses alliés de toujours semblent prendre de la distance : Russie, Chine...<br>
  <br>
  &nbsp;<br>
  <b>Les dossiers chauds</b> d'après Ban Ki-moon sont : le climat, le nucléaire, la pauvreté. D'après Barack Obama, il faut y rajouter le processus de paix entre Israël et la Palestine, et surtout
  cette question de gouvernance mondiale.<br>
  <br>
  A l'évidence, sur aucun de ces sujets la France ne pèse d'un poids décisif. Le président de la République est au mieux un personnages secondaire de l'histoire.<br>
  <br>
  Comment construire une histoire dans laquelle il apparaîtrait comme un personnage principal?<br>
  <br>
  <span style="font-size: 24pt;">&nbsp;<br>
  Le Storytelling</span><br>
  <br>
  &nbsp;&nbsp; 1. Tout d'abord adopter un traitement médiatique franco-français. On est sûr de partager le même regard sur les évènements, un regard nombriliste. Avec la presse internationale, ça ne
  se passe pas comme ça. Même les journalistes belges sont devenus suspects (voir Sarko Circus, 5 tours de passe passe de la communication présidentielle)<br>
  <br>
  &nbsp;&nbsp; 2.Choisir les journalistes, comme d'hab, ceux qui sont habitués à travailler en miroir sans jamais apporter de vraie contestation. (A laisser passer sans réagir des phrases comme «
  présenter les coupables devant la justice » ou « il n'y a plus de paradis fiscaux »)<br>
  &nbsp;&nbsp; 3.Mélanger des problématiques où l'on s'attribue le rôle principal<br>
  <br>
  C'est ainsi qu'on va bien peu parler de ce qui se passe à l'ONU mais plutôt du G20 de Pittsburgh les 24 et 25, soulignant que le principe du G20 est une initiative française, même si c'était au
  titre de président de l'Union Européenne et non pas en tant que France. Du sommet de Copenhague et de l'exemplarité de la France à travers la taxe carbone. Et aussi et tellement, des affaires
  intérieurs françaises.<br>
  <br>
  Ce mélange des discours et des décors a pour effet de laisser entendre un président de la République Française qui serait au centre de tout, sur la scène internationale comme il l'est sur le
  territoire intérieur. Il met en scène le pouvoir incantatoire de la parole présidentielle : « il n'y a plus de paradis fiscaux ». Enfin, il suggère l'image d'une France lumière du monde, entraînant
  à sa suite le reste des nations, et prêchant par l'exemple. On comprend soudainement pourquoi ce n'est pas très important que la fameuse taxe carbone, sous sa forme actuelle, soit à peu près
  totalement inefficace. Sa véritable vocation est de témoigner de l'exemplarité de la France, de servir d'argument-choc au discours présidentiel lors du prochain sommet de Copenhague.<br>
  <br>
  Ce n'est plus seulement la parole présidentielle et sa mise en scène, c'est maintenant la politique elle-même qui est storytellée. Les mêmes recettes de communication politique nationale appliquées
  ici à une pseudo-scène internationale aboutissent à mettre en scène une sorte de tout puissance présidentielle rêvée et à la propulser dans une dimension planétaire.<br>
  <span style="font-size: 14pt;"><br>
  Théorème de Cyrano de Bergerac :</span><br>
  <br>
  Je suis le plus bel homme de ma chambre. Ma chambre est la plus belle de l'hôtel. Mon hôtel est le plus beau de Paris. Paris est la plus belle ville du monde. Donc je suis le plus bel homme du
  monde.<br>
  <br>
  &nbsp;<br>
  <br>
  Pierre Gandonnière]]></description>
        <pubDate>Sat, 26 Sep 2009 11:49:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-36537764.html</guid>
                <category>Actualité</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-36537764-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[5 manières de résoudre un problème]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-36430143.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83/boite-a-outils-bricolage-marseille.gif" class="DrteTexte" width="300" height="248"><br>
  <br>
  <em><b>Chaque problème a sa solution, comme chaque pot a son couvercle et bon chat bon rat. Mais en l'occurrence la sagesse populaire n'est pas forcément sage. Ni populaire. Il existe plusieurs
  manières (et pas : une seule) de traiter un problème. Les plus efficaces ne sont pas toujours les plus avouables.</b></em><br>
  <br>
  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">1. Lui trouver une solution.</span><br>
  C'est la plus banale. Nous sommes formés à l'esprit cartésien&nbsp; selon lequel : a + b = c. Il existe une seule manière de résoudre une équation, une seule réponse juste et il s'agit de la
  trouver. Dans les affaires humaines, cela correspond au royaume de la technocratie : faire croire qu'il n'y a pas de choix contradictoires entre des projets différents sous-tendus par des valeurs,
  des croyances, des idéaux. Mais que toute question politique se résume finalement à trouver la solution unique de l'équation, la seule réponse juste à un problème bien posé. Il ne peut donc pas y
  avoir de débat. Si l'un a raison c'est que l'autre a tort. Pas de controverse possible. Pas de politique, seulement de la technocratie. On dit que si l'on confiait le Sahara aux énarques, dans six
  moins il faudrait importer du sable. Ils auraient donc réussi à inventer à la fois le problème et la solution. Mais même uniques, les solutions ne résolvent pas forcément les problèmes. Elles
  produisent souvent des effets pervers. En plus elles ne sont pas forcément applicables.<br>
  <br>
  <b>Exemple 1.</b> Pas forcément applicables. Problème : la faim dans le monde . Postulat : il y a assez de richesses pour nourrir tous les habitants de la planète. Solution : il suffit dons de
  répartir plus équitablement. Merci de bien vouloir expliquer à l'ONU et à ses 192 états membres, la marche à suivre.<br>
  <br>
  <b>Exemple 2.</b> Effets pervers. Problème : les travailleurs perdent trop de temps dans les transports, on veut raccourcir le temps de trajet. Solution : la voiture est plus efficace que le vélo
  ou la mobylette, on favorise donc l'acquisition d'automobiles. Effet pervers : au lieu de raccourcir les distances, on les allonge. Avec la voiture, les salariés vont choisir d'aller habiter non
  plus à 5 ou 10, mais à 30, 40, 50km de leur résidence. Avec le TGV, beaucoup plus.<br>
  <br>
  <b>Exemple 3.</b> Ne résolvent pas. Problème : le chômage. Pour éviter la dé-socialisation des chômeurs on invente un système d'aide et d'assistance : les indemnisations, qui leur permettent de
  conserver un minimum vital. Cela ne résout en rien le problème du chômage. Au contraire, la solution se crée une rente de situation sur le problème et empêche de le résoudre. Les employeurs
  hésityent moins à licencier. Les salariés privés d'emploi risquent de s'installer dans la précarité. De même, si demain les automobilistes ne font plus aucun excès de vitesse, les radars ne seront
  plus rentables, on ne pourra plus en installer et l'état perdra 500 millions d'euros par an. La repression ne doit donc pas faire disparaître l'infraction. Si le problème était soudaine résolu, il
  tuerait la solution. Or, elle est au moins aussi importante que le problème.<br>
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  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">2. Surtout ne pas y toucher !</span><br>
  Le plupart des problèmes se résolvent d'eux-mêmes, ou sinon tout le monde finit pas les oublier ce qui revient au même. Un problème auquel plus personne ne pense n'est plus un problème. Selon le
  principe d'une sage médecine qui dit <em>:"un rhume bien soigné passe en une grosse semaine. Alors que mal soigné il se traîne bien huit jours"</em>, laisser faire la nature. C'est d'ailleurs la
  consigne que se refilent certains ministres de l'Education Nationale si l'on en croit la rumeur, au moment de la passation des pouvoirs à leur successeur : "Surtout ne faites rien". Faire quelque
  chose, c'est prendre le risque de l'échec, très compromettant pour la suite d'une carrière. Ne rien faire, c'est laisser prendre ce risque aux autres, et un concurrent affaibli, c'est un point de
  gagné. Edgar Faure (qui fut ministre de l'Education Nationale) en avait fait presque une devise : <em>« l'immobilisme est en marche, et rien ne pourra l'arrêter".</em><br>
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  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">3. L'aggraver.</span><br>
  Beaucoup de problèmes se résolvent tous seuls, certes, mais à leur rythme. Et il se peut que ce ne soit pas suffisant. Pas assez rapide. Le JT de 20 heures n'attend pas. D'où ce formidable
  accélérateur qui enclenche chez le problème un furieux désir de se résoudre tout seul, spontanément : l'aggraver.<br>
  <b><br>
  Exemple. La circulation automobile.</b> Depuis l'origine remontant pratiquement au char de Cugnot, la place des automobiles n'a cessé de croître, bouleversant la physionomie de nos villes : rues
  encombrées, dangerosité accrue pour les pétons, pollution de l'air, bruit, accidents. Pour y répondre on n'a cessé de pratiquer toujours la même politique : adapter la ville aux automobiles,
  réduire les trottoirs, modifier les infrastructures pour améliorer les fluidité de la circulation, harmoniser les feux sur les rythmes des voitures. Avec une seule conséquence, toujours la même :
  une augmentation inéluctable et constante du trafic automobile. Non seulement le problème n'était pas résolu, mais il ne cessait de se développer. Jusqu'au bord des années 2000 où l'on commença à
  passer de la solution 1 à la solution 3 : au lieu de résoudre le problème, essayons de l'aggraver. Au lieu d'augmenter l'espace dédié à l'auto, réduisons-le. Au lieu d'adapter le trafic au mode de
  circulation de l'auto, désadaptons-le. Couloirs de bus,en site propre, espaces piétonniers, tramways mangeant une partie de la chaussée, pistes dédiées aux modes doux, réduction de la vitesse&nbsp;
  et bientôt&nbsp; adoption du code de la rue. Résultat : pour la première fois depuis que l'automobile existe, le trafic urbain a commencé de régresser.<br>
  <br>
  De même certains médecins soignent le mal par le mal. De même dans certaines thérapies de Palo Alto, chères à Paul Watzlawick, recommande-t-on de prescrire le symptôme. Certes il peut arriver que
  le patient en meure. Mais pas tellement plus souvent que si on n'avait rien fait. Il arrive aussi que le patient, se sentant persécuté dans son symptôme, se mette à en changer pour pouvoir
  continuer à rester malade, mais d'autre chose.&nbsp; Ce qui nous conduit tout naturellement au point suivant : pour résoudre un problème .....<br>
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  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">4. Changer de problème.</span><br>
  C'est toujours la question de la clef et de la serrure. Lorsqu'on n'arrive pas à trouver la bonne clef qui aille avec la bonne serrure, peut-être vaut-il mieux chercher la bonne serrure qui aille
  avec la clef. Ça paraît idiot. Et pourtant. C'est ce qu'on fait en permanence en médecine. Beaucoup de pathologies n'apparaissent et ne se développent que parce qu'il existe une place pour elles
  dans la nosographie et qu'on en connaît le traitement correspondant. En décrivant l'hystérie de conversion, Freud, après Charcot, a suscité de nombreuses vocations d'hystériques qui se sont mises à
  manifester&nbsp; exactement le tableau clinique qui avait été décrit. Il ne s'agit pas de dire qu'en réalité ces personnes ne souffriraient de rien, mais de dire qu'il faut bien que cette
  souffrance prenne une forme, et&nbsp; tant qu'à faire autant que ce soit une forme connue. Et soignable. Ainsi les schizophrénies à personnalités multiples ont-elles plus ou moins de succès selon
  les époques et selon les régions du globe, davantage aux USA, très peu en France où les cas cliniques demeurent rares. EIles suivent exactement la courbe d'intérêt que leur portent les médecins. De
  même la fameuses crise de foie, spécialité typiquement française pratiquement inconnue ailleurs. Les maladies orphelines sont par nature, très rares. Et encore bien plus rares les affections qu'on
  ne serait même pas capables de décrire et d'expliquer. Il en résulte qu'un problème qui ne se connaît pas de solution est peut-être un problème qui n'existe pas. A tel point qu'on n'aurait tout
  intérêt intérêt à le poser différemment, voire même carrément à changer de problème. Et quitte à en changer, autant opter cette fois-ci pour un dont on connaisse par avance la solution. En
  conclusion,&nbsp; plutôt que de s'échiner à chercher d'hypothétiques solutions à des problèmes qui peut-être n'existent pas, on a tout avantage à cherche plutôt inventer les problèmes en fonction
  des solutions qu'on a en magasin.<br>
  <br>
  Exemple : le trou de la Sécurité Sociale. Quelles en sont les causes, les conséquences? Quel est le moyen de le régler une fois pour toutes alors qu'on court derrière depuis plus de 50 ans? Aucune
  importance. Mais voici les remèdes : augmenter les cotisations, diminuer les prestations. Quand au problème appelez-le comme vous voulez, expliquez-le comme bon vous semble : la crise, les
  gaspillages, la mauvaise efficacité des traitements.....<br>
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  <span style="font-size: 14pt;">Pour résoudre un problème :</span><br>
  <span style="font-size: 18pt;">5. Le cosmétiser.</span><br>
  Un problème n'est un problème que parce qu'il a mauvaise mine. Dès qu'il retrouve des couleurs, plus personne ne s'inquiète de lui. On&nbsp; utilisera donc deux types de cosmétiques : les chiffres
  et les lettres.<br>
  Avec les lettres on fait des mots qui font des phrases qui font des belles marquises vos beaux yeux me font mourir....Et le problème prend un air badin. Sous les paroles de la ministre de
  l'Économie Christine Lagarde, la récession de 2009 n'est jamais qu'un épisode de "croissante négative". Les aveugles deviennent non-voyants, les handicapés des personnes à mobilité réduite, et les
  cons des malcomprenants. Un sans-abri n'est plus qu'un Sans Domicile Fixe. Comme si on lui avait finalement trouvé un abri mais qu'il s'amusait à en changer tout le temps. Une sorte de jetsetter de
  la mouise. SDF dûment siglé, il entre enfin dans une catégorie administrative ce qui veut dire qu'il existe une réponse appropriée à sa situation. On pourra toujours objecter que ça ne change pas
  grand chose pour lui et que ça ne résout pas son problème. Le sien non, mais celui de l'administration, si.<br>
  <br>
  Et les chiffres. Winston Churchill avait coutume de dire <em>"Il y a trois sortes de mensonges : les petits mensonges, les gros mensonges, et les statistiques".</em> Il n'a pas vécu assez longtemps
  pour connaître le triomphe de&nbsp; la troisième catégorie sous les efforts conjugués de l'informatique et de l'internet. Désormais les statistiques sont à la fois globales, virtuelles,
  cybernétiques et interactives. Elles sont l'oracle absolu. Tout le monde a bien compris qu'il est plus facile de (dé)régler le thermomètre que de soigner la fièvre. Aussi les statistiques du
  chômage, après correction des variations saisonnières finissent-elles toujours par montrer un ralentissement de leur accélération qui n'est pas sans laisser supposer que le pic de l'aggravation est
  peut-être déjà derrière nous et que dans un avenir proche il n'est pas impossible que nous assistions à une inversion de tendance. C'est à dire une accélération du ralentissement, si l'on suit
  bien. Sport national : la côte du président de la République. En septembre 2009 , à 47% d'opinions favorables contre 49% de défavorables, elle est mauvaise (BVA L'Express). Mais, comme on n'y peut
  rien on préférera communiquer sur le fait qu'elle est en hausse de 2% sur l'indice précédent, même si les 2% en question sont entièrement inclus dans la marge d'incertitude correspondant à un
  échantillon de 1000 personnes : 3%. En clair, statistiquement, il ne s'est rien passé. Mais rien, ça ne fait pas une information.<br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <em><b>5 manières de résoudre un problème et tant de problèmes qui restent inachevés. C'est à se demander si on a réellement essayé d'en finir avec eux ou si on s'est contenté de jouer avec.
  Résoudre un problème, l'éliminer, c'est supprimer du même coup sa solution, c'est aussi priver de sa raison d'être celui qui en avait la charge. Aujourd'hui, on ne résout plus les problèmes, on les
  gère. On les entretient. Selon le principe digne du docteur Knock : "souvenez-vous qu'on est là pour vous soigner, pas pour vous guérir".</b></em>]]></description>
        <pubDate>Wed, 23 Sep 2009 17:09:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-36430143.html</guid>
                <category>Les Essentiels</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-36430143-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Hortefeux dans le piège médiatique]]></title>
        <link>http://www.gandonniere.com/article-36009812.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83//h-20-1693712-1252777014.jpg" class="DrteTexte" height="240" width="300"><br>
  <b><em>A défaut d'enflammer les dancefloors, le Ministre de l'Intérieur a réussi à mettre le feu à lui-même. Retour sur un feu de forêt médiatique.</em></b><br>
  <br>
  <b>Autopsie d'un piège</b><br>
  Parce qu'il est l'invité vedette du lynchage médiatique, Brice Hortefeux porte seul la responsabilité des propos incriminés : <em>"Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y
  a des problèmes."</em> Or, il s'agit en réalité d'une construction collective qui aboutit <em>in fine</em> à cette phrase. Construction dans laquelle on trouve la situation : on présente le jeune
  Amine à Hortefeux pour une photo. Et c'est dans cette présentation que des phrases sortent du groupe : <em>"il est arabe mais il mange du cochon et boit de la bière"</em> ou encore <em>"c'est notre
  arabe".</em> Donc : il n'est pas comme les autres. Construction avec aussi le background. Hortefeux n'est pas l'abbé Pierre. Il est celui dont le nom s'est attaché à la politique la plus violemment
  anti-immigrés menée dans ce pays depuis des décennies. Plus largement il représente le bras armé d'une volonté politique sarkozienne de liquider l'option FN, non seulement en syphonnant l'électorat
  lepenniste mais surtout en le vidant de sa principale raison d'être: Hortefeux a mené au nom de la droite traditionnelle, la lutte contre l'immigration que Le Pen promettait à son électorat depuis
  20 ans. C'est cet Hortefeux qui parle, ce 5 septembre à Seignosse. A chaque prise de parole on ne dit pas seulement ce qu'on dit on dit d'abord qui on est, et cela oriente tout le sens du message.
  Enfin construcion collective parce que ce n'est pas l'énonciation qui fait le message mais la réception. Peu importe ce qu'il a réellement dit ou voulu dire, ou cru dire, ou fait semblant de ne pas
  avoir dit. La seule chose qui compte est ce qui a été entendu. Parce que c'était Hortefeux, cet Hortefeux là, parce qu'en même temps que sa phrase on entend le contexte, on ne peut pas y percevoir
  autre chose qu'une plaisanterie à connotation raciste. Un racisme de salon, très édulcoré, faits de préjugés pas encore résorbés. Pour couronner le tout, le cœur du piège réside dans une figure de
  style que les médias adorent et qui produit à chaque fois un succès public éclatant : le paradoxe. Ce ministre qui fait des blagues sur les arabes vient de virer un préfet pour des faits du même
  type. L'arroseur va-t-il aussi s'arroser ? Enfin se pose la question de la diffusion et de la transmission. Quelle surprise!&nbsp; L'opposition reprend cette phrase à l'envi et s'en sert pour
  pilonner le ministre de l'Intérieur ? C'est de bonne guerre, non? On ne vient quand même pas de découvrir que, dans le monde politique, l'interprétation d'un propos n'est pas forcément
  bienveillante, et même&nbsp; : pas forcément honnête. Chirac le 19 juin 1991 a connu la même mésaventure avec son fameux discours sur 'le bruit et l'odeur".<br>
  <br>
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  <b><img src="http://idata.over-blog.com/2/06/33/83//h-20-1693715-1252777117.jpg" class="GcheTexte" height="199" width="300">La meilleurs défense, c'est le suicide</b><br>
  Hortefeux est un des deux fondements de la maison Sarkozy. Hors de question de le laisser ravager par les flammes. Mais les pompiers n'ont-ils pas fait plus de dégâts que l'incendie? La défense du
  N°2 du gouvernement paraît tellement improvisée que les démentis n'arrêtent pas de se démentir eux-même. <em>"Ce sont des images volées".</em> Ben non, on sait maintenant qu'elles ont été tournées
  de manière tout à fait officielles par Public Sénat. <em>"La phrase a été déformée et sortie de son contexte"</em> On connaît aujourd'hui la phrase et le contexte, on ne voit toujours pas où il y
  aurait eu déformation. La première stratégie de <em>"il n'a pas dit ça"</em> a donc fait long feu. Dernière tentative d'enfumage : <em>"c'était du second degré"</em>, ou encore <em>"mais non je
  parlais des auvergnats".</em> Là encore, ça ne prend pas. Reste le plan B : <em>"</em><em>Hortefeux n'est pas raciste, je ne connais bien"</em> (Fadela Amara, Jack Lang...). On abandonne la
  bataille sur les propos pour la reporter sur l'homme. Mais c'est pire. L'homme est celui qui a expulsé 30 000 immigrés par an depuis 2007. Que lui soit raciste ou non en son âme et conscience n'a
  plus aucune importance. Son image est irrémédiablement marquée par les politiques qu'il a menées et qui sont perçues comme racistes. Cette image est marquée par de nombreuses séquences d'actualité,
  des expulsions musclées par charters, des traques de parents à la sortie des écoles, de sans papiers au desespoir qui se défenestrent pour échapper à la police. L'image d'Hortefeux est faite de ça.
  Elle y est associée. Quand bien même l'homme serait un fort brave type pas raciste du tout -pourquoi pas?; son image médiatique est fortement plombée. Et c'est elle qui parle, pas lui. Reste le
  plan C : discréditer les médias, en l'occurrence internet, par qui le scandale arrive. Condamner l'ampleur qu'a prise la polémique comme si on y était pour rien. Comme si, à force de tergiverser,
  de s'emberlificoter dans des explications vaseuses ou inexactes, dans son incapacité à s'expliquer franchement, dans une stratégie consistant à attaquer les autres; le ministre n'avait pas
  largement aggravé la situation en se discréditant encore un peu plus. En communication de crise, on recommande de ne donner que des informations exactes, de reconnaître immédiatement ses erreurs,
  pour ne pas laisser enfler des polémiques. Et même de présenter des excuses quand on est on a blessé des gens. Bref de faire la part du feu.<br>
  <br>
  <b>Le coup de l'élastique</b><br>
  Ce n'est pas la première fois que des politiques se font pièger par des paroles malheureuses qui tournent en boucle sur le net et continuent de les poursuivre des années après : "Casse toi
  pauv'con", la bravitude", "il y a trop de noirs dans l'équipe de France", "Zapaterro n'est peut-être pas très intelligent...", "...si on rajoute à ça le bruit et l'odeur!". Ces paroles qui leur
  échappent et se retournent contre eux, souvent de façon très injuste, ne sont que l'élastique qui leur revient dans la figure. Ils passent leur temps à tirer dessus dans l'autre sens, celui d'une
  communcation 100% sous contrôle. D'un côté les images "volées" utilisées sans contrôle et sans aucune éthique. De l'autre des images construites, scénarisées, storyboardées qui voudraient
  transformer les politiques en personnages d'un show permanent de téléréalité dont ils seraient la vedette (<a id="eqcj" title="Les 5 tours de passe-passe de la communication présidentielle" href=
  "http://www.gandonniere.com/" name="eqcj">Les 5 tours de passe-passe de la communication présidentielle</a>). D'un côté une production-diffusion "d'informations"&nbsp; animée par l'intention de
  nuire au sujet. De l'autre une production-diffusion d'informations animée par l'intention de faire la promotion du sujet. Bref ces images volées ne sont rien d'autre que de la contre-communication.
  Plus les politiques voudront renforcer la maîtrise de leur communication et plus, par contrecoup, ils créerotn un appel d'air pour la contre-communication. C'est ce à quoi on assiste aujourd'hui.
  Entre ces deux espaces, il devrait en exister un troisème, médiateur, médiatique, qui repose sur le principe de l'indépendance des sources. Le fait qu'une information ne soit pas là pour nuire ou
  pour promouvoir mais pour informer. Mais cet espace proprement informationnel est en train de se rétrécir, absorbé peu à peu par la communication, et rongé de plus en plus par la crise du
  journalisme qui voit réduire chaque jour ses marges de manœuvres. Moins il y a de journalisme et plus les deux "communications" se retrouvent face à face.<br>
  <br>
  Pierre Gandonnière<a id="m8t1" title="L'Ecologie de l'Information" href="http://www.gandonniere.com/" name="m8t1"></a>]]></description>
        <pubDate>Sun, 13 Sep 2009 10:58:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.gandonniere.com/article-36009812.html</guid>
                <category>Actualité</category>        <comments>http://www.gandonniere.com/article-36009812-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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