Actualité

Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /2009 11:49

Qu'est-ce que le storytelling? Une certaine façon de raconter une histoire. L'interview de Nicolas Sarkozy mercredi sur TF1/France2 en est une vivante illustration. La scène se passe à New York, dans les locaux de l'ambassade de France, pendant le déroulement de l'assemblée générale de l'ONU. Comment détourner l'évènement pour qu'il serve de cadre à une mise en scène de la parole présidentielle?

 





L'évènement

Les personnages principaux en sont :

Barak Obama.

Il joue gros. C'est sa première intervention devant cette assemblée. Il vient défendre une nouvelle approche étatsunienne qui pour l'instant rencontre peu de succès : le multilatéralisme.

Muammar Khadafi

C'est la première fois qu'il est admis dans cette assemblée. Il arrive en bousculant tout et en ne respectant aucune règle, mais il arrive. L'enjeu est pour lui de devenir un interlocutoire crédible, une force proposition constructive, ou de rater sa mue.

Mahmud Ahmadinejad

Le président iranien est sur la sellette. Élection contestée, soupçon de vouloir construire l'arme nucléaire. Ses alliés de toujours semblent prendre de la distance : Russie, Chine...

 
Les dossiers chauds d'après Ban Ki-moon sont : le climat, le nucléaire, la pauvreté. D'après Barack Obama, il faut y rajouter le processus de paix entre Israël et la Palestine, et surtout cette question de gouvernance mondiale.

A l'évidence, sur aucun de ces sujets la France ne pèse d'un poids décisif. Le président de la République est au mieux un personnages secondaire de l'histoire.

Comment construire une histoire dans laquelle il apparaîtrait comme un personnage principal?

 
Le Storytelling


   1. Tout d'abord adopter un traitement médiatique franco-français. On est sûr de partager le même regard sur les évènements, un regard nombriliste. Avec la presse internationale, ça ne se passe pas comme ça. Même les journalistes belges sont devenus suspects (voir Sarko Circus, 5 tours de passe passe de la communication présidentielle)

   2.Choisir les journalistes, comme d'hab, ceux qui sont habitués à travailler en miroir sans jamais apporter de vraie contestation. (A laisser passer sans réagir des phrases comme « présenter les coupables devant la justice » ou « il n'y a plus de paradis fiscaux »)
   3.Mélanger des problématiques où l'on s'attribue le rôle principal

C'est ainsi qu'on va bien peu parler de ce qui se passe à l'ONU mais plutôt du G20 de Pittsburgh les 24 et 25, soulignant que le principe du G20 est une initiative française, même si c'était au titre de président de l'Union Européenne et non pas en tant que France. Du sommet de Copenhague et de l'exemplarité de la France à travers la taxe carbone. Et aussi et tellement, des affaires intérieurs françaises.

Ce mélange des discours et des décors a pour effet de laisser entendre un président de la République Française qui serait au centre de tout, sur la scène internationale comme il l'est sur le territoire intérieur. Il met en scène le pouvoir incantatoire de la parole présidentielle : « il n'y a plus de paradis fiscaux ». Enfin, il suggère l'image d'une France lumière du monde, entraînant à sa suite le reste des nations, et prêchant par l'exemple. On comprend soudainement pourquoi ce n'est pas très important que la fameuse taxe carbone, sous sa forme actuelle, soit à peu près totalement inefficace. Sa véritable vocation est de témoigner de l'exemplarité de la France, de servir d'argument-choc au discours présidentiel lors du prochain sommet de Copenhague.

Ce n'est plus seulement la parole présidentielle et sa mise en scène, c'est maintenant la politique elle-même qui est storytellée. Les mêmes recettes de communication politique nationale appliquées ici à une pseudo-scène internationale aboutissent à mettre en scène une sorte de tout puissance présidentielle rêvée et à la propulser dans une dimension planétaire.

Théorème de Cyrano de Bergerac :


Je suis le plus bel homme de ma chambre. Ma chambre est la plus belle de l'hôtel. Mon hôtel est le plus beau de Paris. Paris est la plus belle ville du monde. Donc je suis le plus bel homme du monde.

 

Pierre Gandonnière
- Publié dans : Actualité - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /2009 10:58

A défaut d'enflammer les dancefloors, le Ministre de l'Intérieur a réussi à mettre le feu à lui-même. Retour sur un feu de forêt médiatique.

Autopsie d'un piège
Parce qu'il est l'invité vedette du lynchage médiatique, Brice Hortefeux porte seul la responsabilité des propos incriminés : "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes." Or, il s'agit en réalité d'une construction collective qui aboutit in fine à cette phrase. Construction dans laquelle on trouve la situation : on présente le jeune Amine à Hortefeux pour une photo. Et c'est dans cette présentation que des phrases sortent du groupe : "il est arabe mais il mange du cochon et boit de la bière" ou encore "c'est notre arabe". Donc : il n'est pas comme les autres. Construction avec aussi le background. Hortefeux n'est pas l'abbé Pierre. Il est celui dont le nom s'est attaché à la politique la plus violemment anti-immigrés menée dans ce pays depuis des décennies. Plus largement il représente le bras armé d'une volonté politique sarkozienne de liquider l'option FN, non seulement en syphonnant l'électorat lepenniste mais surtout en le vidant de sa principale raison d'être: Hortefeux a mené au nom de la droite traditionnelle, la lutte contre l'immigration que Le Pen promettait à son électorat depuis 20 ans. C'est cet Hortefeux qui parle, ce 5 septembre à Seignosse. A chaque prise de parole on ne dit pas seulement ce qu'on dit on dit d'abord qui on est, et cela oriente tout le sens du message. Enfin construcion collective parce que ce n'est pas l'énonciation qui fait le message mais la réception. Peu importe ce qu'il a réellement dit ou voulu dire, ou cru dire, ou fait semblant de ne pas avoir dit. La seule chose qui compte est ce qui a été entendu. Parce que c'était Hortefeux, cet Hortefeux là, parce qu'en même temps que sa phrase on entend le contexte, on ne peut pas y percevoir autre chose qu'une plaisanterie à connotation raciste. Un racisme de salon, très édulcoré, faits de préjugés pas encore résorbés. Pour couronner le tout, le cœur du piège réside dans une figure de style que les médias adorent et qui produit à chaque fois un succès public éclatant : le paradoxe. Ce ministre qui fait des blagues sur les arabes vient de virer un préfet pour des faits du même type. L'arroseur va-t-il aussi s'arroser ? Enfin se pose la question de la diffusion et de la transmission. Quelle surprise!  L'opposition reprend cette phrase à l'envi et s'en sert pour pilonner le ministre de l'Intérieur ? C'est de bonne guerre, non? On ne vient quand même pas de découvrir que, dans le monde politique, l'interprétation d'un propos n'est pas forcément bienveillante, et même  : pas forcément honnête. Chirac le 19 juin 1991 a connu la même mésaventure avec son fameux discours sur 'le bruit et l'odeur".


La meilleurs défense, c'est le suicide
Hortefeux est un des deux fondements de la maison Sarkozy. Hors de question de le laisser ravager par les flammes. Mais les pompiers n'ont-ils pas fait plus de dégâts que l'incendie? La défense du N°2 du gouvernement paraît tellement improvisée que les démentis n'arrêtent pas de se démentir eux-même. "Ce sont des images volées". Ben non, on sait maintenant qu'elles ont été tournées de manière tout à fait officielles par Public Sénat. "La phrase a été déformée et sortie de son contexte" On connaît aujourd'hui la phrase et le contexte, on ne voit toujours pas où il y aurait eu déformation. La première stratégie de "il n'a pas dit ça" a donc fait long feu. Dernière tentative d'enfumage : "c'était du second degré", ou encore "mais non je parlais des auvergnats". Là encore, ça ne prend pas. Reste le plan B : "Hortefeux n'est pas raciste, je ne connais bien" (Fadela Amara, Jack Lang...). On abandonne la bataille sur les propos pour la reporter sur l'homme. Mais c'est pire. L'homme est celui qui a expulsé 30 000 immigrés par an depuis 2007. Que lui soit raciste ou non en son âme et conscience n'a plus aucune importance. Son image est irrémédiablement marquée par les politiques qu'il a menées et qui sont perçues comme racistes. Cette image est marquée par de nombreuses séquences d'actualité, des expulsions musclées par charters, des traques de parents à la sortie des écoles, de sans papiers au desespoir qui se défenestrent pour échapper à la police. L'image d'Hortefeux est faite de ça. Elle y est associée. Quand bien même l'homme serait un fort brave type pas raciste du tout -pourquoi pas?; son image médiatique est fortement plombée. Et c'est elle qui parle, pas lui. Reste le plan C : discréditer les médias, en l'occurrence internet, par qui le scandale arrive. Condamner l'ampleur qu'a prise la polémique comme si on y était pour rien. Comme si, à force de tergiverser, de s'emberlificoter dans des explications vaseuses ou inexactes, dans son incapacité à s'expliquer franchement, dans une stratégie consistant à attaquer les autres; le ministre n'avait pas largement aggravé la situation en se discréditant encore un peu plus. En communication de crise, on recommande de ne donner que des informations exactes, de reconnaître immédiatement ses erreurs, pour ne pas laisser enfler des polémiques. Et même de présenter des excuses quand on est on a blessé des gens. Bref de faire la part du feu.

Le coup de l'élastique
Ce n'est pas la première fois que des politiques se font pièger par des paroles malheureuses qui tournent en boucle sur le net et continuent de les poursuivre des années après : "Casse toi pauv'con", la bravitude", "il y a trop de noirs dans l'équipe de France", "Zapaterro n'est peut-être pas très intelligent...", "...si on rajoute à ça le bruit et l'odeur!". Ces paroles qui leur échappent et se retournent contre eux, souvent de façon très injuste, ne sont que l'élastique qui leur revient dans la figure. Ils passent leur temps à tirer dessus dans l'autre sens, celui d'une communcation 100% sous contrôle. D'un côté les images "volées" utilisées sans contrôle et sans aucune éthique. De l'autre des images construites, scénarisées, storyboardées qui voudraient transformer les politiques en personnages d'un show permanent de téléréalité dont ils seraient la vedette (Les 5 tours de passe-passe de la communication présidentielle). D'un côté une production-diffusion "d'informations"  animée par l'intention de nuire au sujet. De l'autre une production-diffusion d'informations animée par l'intention de faire la promotion du sujet. Bref ces images volées ne sont rien d'autre que de la contre-communication. Plus les politiques voudront renforcer la maîtrise de leur communication et plus, par contrecoup, ils créerotn un appel d'air pour la contre-communication. C'est ce à quoi on assiste aujourd'hui. Entre ces deux espaces, il devrait en exister un troisème, médiateur, médiatique, qui repose sur le principe de l'indépendance des sources. Le fait qu'une information ne soit pas là pour nuire ou pour promouvoir mais pour informer. Mais cet espace proprement informationnel est en train de se rétrécir, absorbé peu à peu par la communication, et rongé de plus en plus par la crise du journalisme qui voit réduire chaque jour ses marges de manœuvres. Moins il y a de journalisme et plus les deux "communications" se retrouvent face à face.

Pierre Gandonnière
- Publié dans : Actualité - Communauté : Parlons politique
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 15:28

 

Ce n'est pas un bidonnage. La visite de Sarkozy à l'usine Faurecia de Flers, ce 3 septembre, rélève  des pratiques de communication politique habituelles et non d'un ratage. Le casting des figurants de moins d'1m70, la mise sous séquestre du site, le verrouillage complet de l'évènement, la mise en scène, tout est normal.

  De quoi s'agit-il? Pas d'un événement fortuit, d'une visite impromptue commandée par l'actualité. Mais d'un événement provoqué intentionnellement pour les médias, un cadre offert à la parole présidentielle, avec un objectif précis : faire passer le message que la relance pointe son nez. Dans l'industrie automobile justement, là où l'argent public a plu tant et plus. Dès lors, faire semblant de se demander s'il y a eu mise en scène et casting relève du foutage de gueule pur et simple. Cela revient à douter des compétences professionnelles d'un Thierry Saussez ou d'un Jean-Michel Goudard. Bien sûr que tout est maîtrisé; le spectacle doit être parfait. La question est plutôt : quelle est cette forme de communication politique qui se substitue de plus en plus à l'information ? "Substitue", car il semble bien qu'on assiste à un classique de l'illusion : l'escamotage.

  Une communication totalement sous contrôle. Sous Chirac déjà, les journalistes se plaignaient d'être embrigadés par le service de presse dirigé par Claude C. Une corde pour les tenir à distance, l'impossibilité de filmer autrement que sous l'angle qui leur a été assigné. Sarkozy va plus loin. Pendant la campagne de 2007 Sarko TV produisait elle-même une couverture d'images vidéo techniquement parfaites qui mettaient en valeur le candidat dans sa geste de conquête de l'Elysée.  Ces rushs étaient proposés aux médias. Et l'équipe de campagne s'étonnait que les JRI s'obstinent à tourner leurs propres images alors que « on peut vous fournir tout ce que vous voulez ! » Aujourd'hui l'équipe de Sarko TV est devenue celle de l'Elysée et elle poursuit la même mission : téléréaliser le président. Les journalistes sont entrainés dans un tourbillon infernal où ils n'ont plus d'autre choix que d'assister au show permanent qu'on joue pour eux. Le reportage de la RTBF n'a été possible que parce que le journaliste, au lieu de suivre la folle caravane, a fait du backstage : il a filmé avant, après, à côté, plus loin, ailleurs. Il n'a posé que des questions qui n'avaient rien à voir avec le sujet du jour, qui n'étaient pas dans le dossier de presse. Il s'est comporté comme un grossier malpoli de journaliste. Pendant ce temps, la presse française se contentait d'assister au spectacle de patronage donné pour elle.Elle ne pourrait d'ailleurs pas faire autrement. Il faut être belge pour s'affranchir ainsi des usages. Les journalistes embeded de la presse française ne pourraient tout simplement  pas se le permettre. Ce serait prendre le risque de ne plus faire partie du voyage, d'être coupé de la principale source d'information élyséenne : l'Elysée lui-même.

  Le magicien de la communication a cinq tours dans son sac.

  1) La cavalcade.

Il faut l'avoir vu pour le croire, c'est un train d'enfer ! On n'approche pas le président comme ça. Les journalistes doivent être accrédités. On leur donne donc rendez-vous à un check point où leurs accréditations sont vérifiées, puis ils sont pris en charge par bus spéciaux et conduits sur le lieu de l'évènement. Au pas de course on les débarque, les services de sécurité leur ouvrent les portes et les font passer par les entrées dérobées, des couloirs qui leur donnent accès au coin presse qui leur a été réservés. Sarko TV est déjà sur place et produit les belles images qui alimenteront le site du président. Il n'y a pas d'autre choix que de suivre le mouvement. Quiconque s'écarte un instant du flux se trouve éjecté. On court, on se pose, on court.

2) Le storytelling.

L'histoire est déjà préracontée, le scénario est prédéfini. Il faut bien comprendre que le storytelling ce n'est pas mettre en récit la vie du président telle qu'elle se déroule "naturellement". C'est concevoir, imaginer, écrire une histoire, bâtir un scénario qui sert des objectifs de communication bien précis, puis REALISER le film, c'est à dire tourner l'histoire et la faire jouer par le président. C'est un Loft Story élyséen, Nicolas Sarkozy est téléréalisé. Les journalistes reçoivent par dossier de presse tous les éléments de l'histoire : scenario (programme) dialogue (discours) casting...

3) Le storyboard.

Bien sûr, puisqu'il s'agit de sortir des images, la production aura tout prévu. Bien sûr le lieu de tournage aura été repéré, le décor choisi, les figurants et les acteurs soigneusement sélectionnés. Les placements de caméras, les cadrages, les déplacements de personnage, tout est prévu. Comme sur un storyboard, on doit être capable d'écrire image par image tout ce qui va permettre de raconter l'histoire. Ceci pour une raison évidente : Sarko TV  a besoin de prévoir tout cela pour  organiser son propre tournage. Et ce qui aura été mis en place pour Sarko TV le sera aussi pour tous les autres médias. 

4) La fuite vers le virtuel.

Le passé est dangereux : il existe. Il suffirait qu'on vienne y fouiller un peu pour découvrir des placards pleins de cadavres qui bougent encore. Le présent n'est pas fiable. Contradictoire, ils est toujours prêt à basculer d'un côté ou de l'autre. Alors que le futur est très rassurant, il ne peut pas encore être démenti par les faits, il n'y en a pas ! D'où la stratégie de communication proactive de l'Elysée : l'effet d'annonce permanent. Une véritable préemption du futur. La logique communicationnelle :  "1 problème entraîne 1 annonce" , remplace la logique naturelle :  "1 problème entraîne 1  solution". Ce n'est pas la même chose. L'annonce renvoie à un évènement potentiel, au sens strict : virtuel. La solution agit sur le réel. L'annonce est un simple acte de langage, un performatif autoréferentiel. 

5) Une carte postale par jour.

On pourrait dire aussi : un clou chasse l'autre. La carte postale consiste à adresser un message chaque jour dans les médias, storybordé, pré-raconté, prêt à diffuser. L'organisation d'un joural télévisé est faite de telle sorte qu'il ne peut pas y avoir deux sujets dans la même case. S'il y a déjà une information concernant le président, il n'y a plus de place pour une deuxième éventuellement moins favorable. La stratégie de communication consiste à saturer cette case chaque jour. Quand au principe du clou, il dit que le sujet du jour efface celui d'hier. On ne se retourne jamais, on ne laisse jamais à l'autre le temps de réagir. 

  La communication politique présidentielle a donc pour effet de sidérer la production journalistique pour lui couper toute possibilité de réaction ou d'initiative. Elle remplace l'information par un contenu médiatique prêt à l'emploi, issu des services para-élyséens. Elle tend à remplacer le mode de production journalistique par un mode de production médiatique de type "communicationnel". Remplacer la réalité (au sens de : représentation du réel) par la téléréalité (au sens de : fiction scénarisée construite à partir de personnages réels). En ce sens elle téléréalise le président.Cette dérive est d'ailleurs parfaitement assumée par ses promoteurs. Un des gourous de la communication présidentielle, Thierry Saussez, aujourd'hui chef du SIG (Service d'Information du Gouvernement) le proclame. Dans ses ouvrages il donne une définition étonnante de la communication et de l'information. Selon lui, ce qui distingue l'information de la communication, c'est que "l'information est à sens unique(...) la communication fonctionne dans les deux sens"*. L'information et la publicité, c'est donc la même chose ! D'ailleurs il insiste pour présenter son activité de promotion de l'action gouvernementale comme étant "de l'information". Au nom de quoi les communicants de l'Elysée sont devenus des vases communicants qui déversent directement la communication dans l'information.

PG

  *p.8 de "Le Style réinvente la politique", Presses de la Renaissance, 2004

  N.B.

Voici trois "trucs"  utilisés par l' illusionniste de music-hall : 

1.Parler plus vite que l'autre ne comprend.

Il s'adresse à ses interlocuteurs avec un discours tout prêt et appris par cœur. Son débit est légèrement accéléré. L'esprit du spectateur est entièrement mobilisé pour essayer de le suivre. 

2. Occuper le corps pour endormir l'esprit.

Les personnes qu'il fait monter sur scène sont toujours occupées à faire quelque chose : tenir un foulard, tendre le bras, se maintenir dans une position inconfortable. La vigilance du sujet, concentré sur cette tâche,  est complètement démobilisée. 

3. Montrer pour mieux cacher

Tout le jeu de l'illusionniste consiste à attirer l'attention à un endroit....pour la détourner de ce qui se passe à un autre.  Les substitutions, escamotages apparitions, disparitions, se font toujours pendant que l'attention des spectateurs est attirée ailleurs. Chez un illusionniste, le geste qui consiste à montrer ostensiblement quelque chose marque toujours qu'on est en train d'escamoter autre chose.

Troublante ressemblance, non....

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