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L'Ecologie de l'Information

L'Ecologie de l'Information

L'information est ce qui transforme le monde


Episode 3 : Ecologisez-moi tout ça ! (A propos du Marketing de l'imprévisible-Michel Hébert)

Publié par Pierre Gandonnière sur 23 Mai 2011, 07:05am

Catégories : #Communication d'entreprise

 

MichelHebert3

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de sciences de la nature, mais d’écologie de l'information. Elle  offre ici des outils pour répondre à ces 3 impératifs soulignés par Michel Hébert : mobilité, réactivité, adaptation. Quand un système ne sait plus s’adapter, il sèche sur place, il devient un monument, une pyramide. Ceux qui s’adaptent sont ceux qui s’ouvrent qui acceptent de se laisser transformer, déformer, réformer, informer. L’information, c’est la nourriture du système, il lui donne sa matière et son énergie. Sa vie. 

 

Mobilité ? Ca manque d’abeilles ! 

Une organisation où tout chose est bien à sa place, où rien ne circule sans autorisation et uniquement sur  les routes autorisées, n’échange guère que des informations mortes. Ou lyophilisées. Aseptisées. Certes, tout y est bien rangé, mais quoi de mieux rangé qu’un cimetière militaire ! Vive les fleurs sauvages, les chemins de traverse, les jardins de curés. Et les abeilles. Qui bourdonnent, passent d’une fleur à l’autre, butinent, sautent les haies. Pas d’abeilles, pas de miel. Il faut faire entrer les ruches dans l’entreprise. Pour accélérer la pollénisation intérieure et extérieure.

 

Réactivité : les réseaux pensants ! 

Ce n’est pas seulement un système technique, un réseau. C’est un ensemble de gens (ordinateurs?) connectés qui partagent de l’intelligence. Il y a toujours quelqu’un qui sait, quelqu’un qui a l’idée. Surtout, quelqu’un qui prend LA décision et qui FAIT. S’il devait suivre à toutes les liges hiérarchiques qu’on impose en entreprise, il se trouverait toujours quelq’un pour dire : ton idée n’est pas bonne. La réactivité, c’est Droppy à la puissance Nike :   “You know what? Just do it”. Le fils d’Adam ont drôlement intérêt à s’y mettre dare dare, à la culture réseau. Les ordinateurs n’attendent pas. En 2020 est prévue le petite singularité, le moment où l’intelligence d’un computeur  dépassera définitivement l’intelligence d’un homme. Juste avant la grande singularité, pour 2040, quand l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence de l’humanité (d’après Ray Kurzweil). Que voudra dire alors “ intelligence” ?

 

Adaptation, une affaire d’écosystème

Les organisations sont faites pour tourner en boucle autour de leurs cercles de pouvoir, comités de direction, groupes de pilotages, services, départements, branche, filiales. Difficile de faire entrer du nouveau là-dedans. Surtout du petit nouveau, du “qui vient pas du sérail”. L’entreprise traditionnelle a été bâtie sur un modèle qui date du Second Empire. Elle est un empire. A l’époque, elle ressemblait au monde extérieur. Mais aujourd’hui ? Celles qui réussissent sont les “maisons à énergie positive”. Celles dont l'intérieur ressemble à l'extérieur. Qui ont su trouver le meilleur équilibre des échanges elles et leur environnement. Celles dont les écosystèmes fonctionnent bien.  

 

 

Deux clefs pour surfer sur l’imprévisible :

 

1.Changer “la communication”, contre “l’écologie de  l’information”. 

On ne peut pas changer la communication sans changer le mode de fonctionnement des organisations, à commencer, bien sûr, par les boîtes de communication. Les entreprises de l'intelligence et de l’innovation ne peuvent pas fonctionner sur un modèle “d’Organisation Scientifique du Travail”.  L’écologie fournit les outils pour comprendre et pour agir . Par exemple la notion de guerre ou de guérilla économique peut être dépassée par le principe de compétition-coopération. On ne cherche pas à détruire les autres concurrents un par un jusqu’à rester le seul...empereur du cimetière. On entre dans un jeu fait de rivalité ET de collaboration, où l’intérêt individuel n’efface pas l’interêt collectif mais où ils se renforcent l’un par l’autre. Comprendre et agir dans des domaines comme : la communication relationnelle, le community management, les réseaux sociaux verticaux, les médias interractifs, les nouveaux territoires virtuels, la culture de la diversité. L’écologie de l’information permet d’agir sur les processus plutôt que d’essayer d’imposer un résultat. 

 

2 Entrer dans la complexité.

Ce n’est pas difficile, c’est juste un peu déroutant. On ne peut pas comprendre ce monde complexe avec des modèles simple. Par exemple dans la complexité, on peut être ici ET ailleurs comme avec les smartphones et l’informatique nomade. Il n’y a pas de principe de non-contradiction. Une chose peut être vraie et son contraire aussi. Voilà pourquoi contredire tel ou tel point du livre de Michel Hébert ne veut pas forcément dire être en désaccord avec lui. Cela veut dire faire exister à coté de son idée une contradiction, donc créer une dynamique. Comme à propos du temps. Bien sûr qu’il faut être performant sur le temps court. Mais dans le même temps (justement !), il faut reconstituer le temps long, la durée, le passé et le futur,  la projection dans le temps et donc pourquoi pas : la science-fiction. Ce qu’il ne faut pas c’est choisir entre les deux, le court et le long. Entre ici et ailleurs. Entre le local et le global. Entre l’individuel et le collectif. Sinon, en effet, on n’a plus le choix qu’entre “trop tôt” et “trop tard”. 

 

Pierre Gandonnière

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Michel Hebert 27/05/2011 15:20


1 Oui les entreprises tous secteurs ressemblent à des casernes ou il faut marcher au son du clairon Bref ça manque d'abeilles ou de ruches. Si abeilles il y a elles vont toujours dans le même pot,
elles ne butinent pas et donc le miel a toujours les même gouts et ne surprend plus

2 La culture du reseau devient une dictature, la "dictature de la conversation obligée" de l entreprise avec le citoyen comme si c'était le reméde magique. Il faut bien sur parler, mais quand on en
a envie, quand on a des choses importantes à dire. Je n ai pas tous les jours envie de causer avec mon voisin. Bien sur quand il y a crise il faut parler. Ensuite je me méfie si tu as mon livre en
tête des prévisions en 2020. Déjà que personne n a vu arriver le tel portable, l ordi portable, Apple et son iphone, le poids d'internet..... La crise.... (Oui je te l accorde DSK non plus).....Bon
mais "les prévisions sont fausses". Personne n est capable de prévoir quoique ce
soit. Même les "prévisologues" finissent par l avouer

3 La premiére clef. On sait que la coopération peut marcher et dans d'autres cas non. C'est évident que La collaboration entre mercedés et Audi ou Sanofi et Merck ça marche pas, ou Havas et
Publicis non plus.....Donc c'est à expérimenter et avec l idée que ça peut échouer. En tous cas il faut essayer, car tous les marchés et les formes de concurrence ne sont pas les mêmes
Mais pour moi qui ai fait du "métis" le combat de ma vie dans ce métier je sais un peu de quoi je parle. C'est comme les gens, il y a ceux qui trouve ça foridable et ceux qui trainent en sabotant
le systéme

4 Le dernier point est important. Et Très juste. Il faut savoir vivre les désaccords.Nicholas Hayeck que j avais eu le plaisir d interviewer m avait dit que lorsque tout le monde était d'accord il
quittait la piéce.

Les désaccords au sein des entreprises ou entre les services laissent des traces indélébiles, de façon idiote. Bonjour l ambiance dans certaines entreprises.Mais ça c'est un vrai sujet de
management qui s'apelle trivialement "diviser pour régner" Moi j aime la contradiction et c'est ce qui fait avancer et donc je te remercie d'avoir pris le temps d'écrire tes lignes et tes partis
pris et de m avoir permis d'échanger avec toi meme si nous avons des désaccords. Je me suis nourri en te lisant et c'est très bien.

A Bientôt

Michel Hebert
No-Logic Consulting


Pierre Gandonnière 31/05/2011 11:20



Bonjour Michel


 


Merci pour tes commentaires. Quelques réponses.


 


2. Oui, il y a une dictature des réseaux, et même une dictature dans les réseaus. Mais là, c'est al forêt qui cache l'arbre. Derrière le mastodonte Facebook qui est un grand rassemblement de
n'importe quoi sous la surveillance étroite d'une armada d'algorithmes, il y a aussi l'expérimentation des réseaux sociaux verticaux, de communautés virtuelles et réelles (on-line/IRL), bref il y
a des choses à faire. Les nouveaux médias fabriquent beaucoup de bruit, mais dans le brouhaha, il y a des gens qui se parlent.


 


 


3. Bien sûr que le jeu de compétition-coopération est un exercice difficile, c'est même sûrement ce qui est le plus difficile, un peu comme de tenir en équilibre sur un vélo, il faudra que j'y
revienne dans un billet spécialement consacré à cela. C'est une question d'équilibre dynamique. Les entreprises ont beaucoup de mal à s'y mettre parce que tout le monde y est en compétition avec
tout le monde, à l'intérieur, pour des raisons de carrière. Et toutes les entreprises sont en compétion entre elles. Si elles coopéraient, ne serait-ce pas de l'entente illicite ? Pourtant
c'est bien grâce à de la coopération qu'on a lancé de grands projets comme Ariane Espace, Airbus, TGV.


 


4. Justement ce point rejoint le précédent. Il est difficile d'accepter la contradiction au sein des organisations parce les enjeux de pouvoir sont trop forts. Il ne s'agit pas de trouver la
meilleure solution ensemble, mais d'avoir raison, d'être meilleur que l'autre et de le montrer. Pourtant que se passe-t-il dans une équipe de foot si tout le monde cherche à briller pour son
propre compte ? Peut-être qu'on finit par rester dans le bus plutôt que d'aller jouer la coupe. La recherche scientifique est sans doute un espace où la contradiction, la critique,
l'émulation, n'empêchent pas la coopération.


 


Amicalement


Pierre  



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